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 Black Sheeps, Not Lambs!

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MessageSujet: Black Sheeps, Not Lambs!   Ven 2 Jan - 18:19

Diane croisa ses longues jambes et fit passer sa flûte de champagne dans sa main droite tandis que de la gauche, elle replaçait une mèche rebelle. Elle était assise –bien qu’avachie aurait été un mot plus approprié– sur un antique et très confortable sofa dont la forme n’était pas sans rappeler un cercle. Son petit minois d’ange reflétait un ennui qu’elle était toutefois loin de ressentir. Remarquez, le désintérêt qu’elle semblait manifester était tout de même beaucoup plus flatteur que ce qu’elle pensait réellement. Et que pensait-elle? Tout d’abord, elle pensait que la haute société londonienne n’était rien de mieux qu’une bande de cochons raffinés. C’est du moins la conclusion à laquelle elle vint après avoir supporté une bonne demi-heure de leur bavardage incessant, hautain, irrévérencieux et prétentieux. Les seules choses qu’ils avaient de raffinés étaient leurs vêtements et le fait d’avoir été invités à la soirée. Et encore, les vêtements laissaient à désirer; après tout, on était en droit de s’attendre à autre chose qu’aux décolletés vertigineux de certaines hôtes qui faisaient parti de l’élite de la plus grande ville d’Europe… Mais elle, Diane Pryde, elle n’en faisait pas parti, de cette dite élite alors que fichait-elle à cette soirée? Nous y reviendront.

La jeune femme pensait également que les petites coins de dégustation entretenus ci et là par des majordomes spécialement engagés pour la soirée étaient tout à fait écœurants. On y proposait entre autre des biscottes au foi gras ici, des petites soupes aux ailes de requins par là… L’étudiante à l’université de Cambridge avait été proprement étonné de ne voir nul part la table spéciale d’où émergeait la tête d’un singe au milieu afin que les invités puissent lui bouffer son cerveau comme les riches de certains pays faisaient. Était-ce une pensée-compliment à l’endroit de ceux qui avaient organisé l’événement? Uhmm… Mais pour en revenir aux dégustations, il y avait deux choses qui chicottaient Diane. De un, lesdits invités raffinés s’empiffraient de toutes parts et de deux, la nourriture avait quelque chose d’immoral; parce que premièrement, le foi gras, comme tous le monde le sait, est un met français dont raffolent –à tort– tout ce qu’il y a de riche dans la société et secondement, parce que comme l’indiquait son nom, la soupe aux ailes de requin n’était faite qu’à partir des nageoires. Diane avait déjà entendu parler de cela; les pêcheurs coupaient les nageoires des requins et les remettaient à l’eau. C’était excessivement cruel, même pour elle, ancienne serpentarde. En fait, c’était si cruel que certains gouvernements moldus avaient interdits ce type de pêche. Et pourtant, les soupes d’ailes de requins existaient encore. N’était-ce pas tout à fait étrange?

Et enfin, pour résumer le fond de sa pensée, elle trouvait qu’elle n’avait rien à faire là, dans ce sofa, dans cette maison de milliardaire, dans cet environnement étouffant de petits riches hypocrites, pernicieux et avide de tout ce qui était pouvoir, argent et beauté. Et pourtant, elle y était. Pour deux raisons. Tout d’abord parce que c’était une soirée pour honorer sa mère, la talentueuse artiste dont les organisateur avaient achetés la plupart des œuvres et les affichaient dans cette soirée qui était à vrai dire, plus une partie de « Je suis plus riche que toi » qu’un vernissage à proprement parler. Et ensuite, elle y était parce que les organisateurs n’étaient nul autres que les Cages. Oh, pour être parfaitement honnête, elle n’avait que faire de Frédéric, Gwendolyn et Sweet Cage, tous là, à jouer un jeu des plus hypocrite mais des plus subtiles également, il fallait leur accorder ça. Elle n’en avait strictement rien à faire de voir qu’Evelyn Cage, l’épouse de Frédéric n’était même pas là. Non, Diane n’avait consentit à accompagner Deborah et George Pryde que parce que Heath Cage serait immanquablement présent à la soirée. Parce que bien entendu, c’était un cliché : toutes les familles riches se disaient très unies. Toutes les familles riches apparaissaient toujours ensemble dans les soirées mondaines. Toutes les familles riches semblaient unies, vu de l’extérieur. Apparemment, les Cages ne faisaient pas exception à la règle puisque comme prévu, l’héritier de cette grande famille de crétins ne manquai pas à l’appel. Bien évidemment, Diane aurait pu s’aventurer à se demander où diable était passée sa mère mais comme précisé un peu plus tôt, elle n’en avait strictement rien à cirer. L’important, c’était que lui était là.

L’important était que son meilleur ami fusse là. L’important était que son seul et unique ami fusse là.

Le problème était que depuis que le vernissage avait commencé, il y avait de cela une bonne demi-heure, elle n’avait pu l’approcher. Chaque fois qu’elle avait tenté de faire deux pas dans sa direction pour lui souffler un mot, un tourbillon de jeunes gens l’avait emporté et éloigné d’elle. Diane avait donc changé de tactique, s’était emparée d’une flûte de champagne, avait jeté un regard lassé aux toiles qu’elle avait vu sa mère peindre et qui, aujourd’hui se retrouvaient dans cette exposition, puis, elle avait déniché le sofa dans lequel elle s’était assise pour commencer à siroter son breuvage. Et elle avait commencé à dévisager son ami de loin. C’était malpoli, elle le savait, mais elle n’en avait rien à faire, comme d’habitude. Pourtant, lui ne sembla pas s’en rendre compte. Pas une seule fois il ne lui adressa un regard, sans doute trop occupé à rire avec ses amis, à faires des remarques ou –à faire diable sait quoi. Ce qui ne la dérouta nullement. Pour la énième fois; elle n’en avait rien à faire. Elle le dévisageait, elle avait envi de lui parler et elle finissait presque toujours à avoir ce qu’elle voulait alors… Ça ne lui faisait rien que d’attendre encore un peu. Elle ne lui avait pas reparlé depuis que tous deux avaient fini l’école. Ou du moins, depuis que tous deux avaient quitté Poudlard. Parce que Cambridge comptait pour une école non? D’études supérieures mais qu’importait. C’était une école, oui.

Diane grogna soudainement à voix basse. Ses pieds lui faisaient mal. Quoi de plus normal, elle ne portait pas ses converses! Pour une rare fois, elle les avaient troqués contre des ballerines à minuscules talons dont les motifs rouge, noir et verts n’étaient pas dans rappeler les sortes de jupes que portaient les joueurs de cornemuse écossais; c’était pour aller avec la robe à unique bretelle et qui se terminait à la mi-cuisse, des même couleurs… Diane poussa un profond soupir et peu soucieuse de quoique ce fut, elle enleva ses chaussures gênantes et pour faire bonne mesure, se leva et sans piper mot, elle se faufila à travers les invités pour finalement atteindre son but : la porte. Pas n’importe quelle porte, il est vrai. Diane n’en était pas à sa première visite dans a maison londonienne des Cages; la porte qu’elle venait de prendre, elle le savait, menait vers un salon plus petit que celui dans lequel elle s’était trouvé quelques moments plus tôt et ce salon-là, donnait sur le jardin. Le jardin vers lequel elle se dirigeait, consciente qu’elle n’avait pas été invitée à le faire mais… qu’en avait-elle à faire?

Ce fut bien évidemment le froid d’une soirée de décembre qui l’accueillit, lorsqu’elle eut franchit la dernière porte la séparant de l’un des plus grands jardins privés du grand London. Elle promena ses yeux le paysage et le trouva… terne. Depuis le départ de Dafné, tout était terne. Diane soupira et frissonna. Sa tenue était vraiment trop légère pour lui permettre de se promener ainsi et les plantes de ses pieds étaient à présent frigorifiés. Diane soupira de nouveau et eut un hoquet de surprise lorsque quelqu’un lui posa un manteau sur le dos. Elle ne prit pas la peine de se retourner et salua plutôt, à sa façon, le nouveau venu.

    DIANE « Vous savez, lorsque quelqu’un est suffisamment malpoli pour quitter un endroit, c’est peut être parce qu’il désire être seul, Heath. Bien triste jardin que vous avez là, mon cher, soi dit en passant. »

Parce que bien sûr, c’était Heath qui venait de débarquer de la sorte


[Mboof, pas très flatteur mais j'espère que ça t'iras! C'est à toi, Noisette!]
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MessageSujet: Re: Black Sheeps, Not Lambs!   Jeu 8 Jan - 2:01

[C’est pas très tendre mais j’espère que ça t’iras!]

Le vernissage n’avait cessé d’être remis à une date ultérieure depuis que la décision d’en organiser un avait été prise. Toute sorte de raisons étaient venues excuser la chose; les Cages étaient trop occupés en cette période-ci de l’année, les rénovations à l’approche de Noël, Evelyn Cage ne s’était pas encore planifié de vacances et ne comptait pas revenir à la maison avant un certain moment… Bref, tout un tas de raisons avait empêché la tenue de ce vernissage-là, ou, pour être plus juste, l’avait retardé car cette froide soirée de décembre n’était autre que la hôte de l’événement qui devait rendre hommage à Deborah Pryde. Et en toute honnêteté, Heath Cage n’en était pas ravi. Il s’était levé très tôt le matin dans son vaste appartement rue Mayfair pour se retrouver quelques heures plus tard dans la plus que grande maison des Cages située dans le grand Londres. Pourquoi? Justement. Pour absolument rien. Gwendolyn avait sollicité sa présence uniquement parce qu’ils devaient offrir un tableau de jolie famille à tous leurs invités. Or, Heath n’en comprenait que difficilement l’usage; après tout, il était de notoriété publique que toutes les familles aussi riche que la sienne ne pouvaient vraisemblablement se blairer qu’avec une forte dose de froideur! Bref, pour lui, les soirées mondaines auxquelles il était tenu de se présenter, n’étaient qu’un moyen de perdre du temps et il s’en serait passé bien volontiers! De tous les luxes qu’il pouvait s’offrir, le temps était de loin celui dont il avait le plus besoin. Et pourtant, le temps n’était pas une de ces choses qu’il pouvait acheter. Le temps ne s’achetait pas. Ou du moins, au sens propre –car au sens figuré, la chose était parfaitement possible!

Bref, si ce n’avait été de ce vernissage à la noix, il était fort probable que le jeune natif de Munich se serait trouvé quelque part à vaquer à des occupations plus constructives. Mais non, il était là, dans cette maison qui n’en était pas à sa première parution dans les magazines des plus belles maisons de la capitale anglaise, à faire la conversation à de gros crétins qui semblaient avoir décidé de lui coller aux basques pour le restant de la soirée. Curieux, n’était-ce pas? Il avait pourtant eu la vague impression en entrant dans la pièce que son titre de petit vilain universel était connu de tous… N’avait-il donc pas été suffisamment clair lorsqu’il avait renversé, de façon tout à fait délibéré, une soupe d’ailes de requin brûlante sur l’un des gentlemen qui le suivait comme son ombre? Il n’en avait strictement rien à faire, lui, si les portefeuilles de ces jeunes gens étaient suffisamment garnis pour avoir été invités! Sérieusement, en quoi cela aurait-il pu bien l’affecter, étant donné le fait qu’aucun d’entre eux ne semblait avoir de finesse d’esprit ou de finesse tout court, d’ailleurs. Ils étaient tous si grotesques que Heath ne pu résister bien longtemps à l’idée de rire d’eux, ce à quoi il s’employa bientôt à faire, sans discontinuer et sans se gêner le moindrement.

La soirée qui lui avait d’abord sembler calomnieuse avait fini par lui sembler beaucoup plus amusante à partir du moment où il se crût en devoir d’y mettre un peu d’action. Peu après avoir commencé, il riait déjà aux éclats, content des mauvais tours joués à ces comparses trop collants et tout ce temps durant, il eut conscience qu’on l’observait. Et sans même avoir jeté un coup d’œil dans sa direction, Heath savait pertinemment qui était la personne qui ne le quittait pas des yeux. Mieux encore; il pouvait aisément se représenter le bleu électrisant qui colorait ses prunelles. Il ne l’avait pas vue depuis que Poudlard était fini. Diane Pryde. Heath se serait bien précipité vers elle pour l’entrainer dans l’occupation qu’il s’était trouvé mais peut être par égoïsme, il ne le fit pas; peut être n’avait-il pas envi de partager ces moments amusant avec quelqu’un d’autre? Ce n’aurait pas été la première fois… Aussi ne lui adressa-t-il ni regard ni parole. Du moins, jusqu’à temps qu’il se rendisse compte qu’elle s’était levée pour se diriger vers diable sait où. Là, il ne se gêna pas pour la regarder tandis qu’elle quittait la pièce et avant qu’il ne s’en rendes comptes, il faisait signe à un valet de lui tendre son manteau et celui de la jeune femme. Puis, il emboitait le pas à la jeune blonde et se retrouvait dans le jardin. Pour il ne savait quelle raison, il avait été absolument sur que c’avait été la destination finale de son amie d’enfance. Il lui mit presque tendrement son manteau sur le dos où ses mains s'attardèrent un moment. Était-ce lui ou bien ainsi placé, il arrivait réellement à sentir les pulsions du coeur de la jeune femme?

Un hoquet de surprise et une litanie l'accueillirent, lui tirant un sourire amusé.

–Oh mais bien sûr. Vous retrouver seule, c’était votre vœu le plus cher, n’est-ce pas? J’en suis persuadé, surtout que vous avez passé une bonne demi-heure à me dévisager avec ce que je présume être une brûlante envie de me parler, hein? Lui susurra-t-il dans l’oreille avec un petite sourire sarcastique.

Il prit une pause et promena son regard, essayant d’évaluer ce qu’elle avait dit. Le jardin? Triste? Elle voulait dire terne, n'était-ce pas? Eh bien, non. Le jardin était riche. Riche en décorations de Noël, riche et fleurs enveloppée de givre, riche de tout plein de choses. Mais néanmoins, il voyait ce qu’elle voulait dire. Il voyait et comprenait ce qu’elle voulait dire. Ce qu’elle voulait sans doute dire, c’était que tout était si calculé, minutieux et tout et tout que le charme du naturel était complètement absent. Il avait pour règle de ne jamais mentir alors que dire à cela s’il approuvait ce qu’elle venait de dire?

–Oh, chère Diane. Existe-t-il vraiment quelque chose que vous ne trouviez pas terne depuis l… le départ de votre amie?

Bien entendu, par amie, il entendait Dafné. Et par départ, il entendait décès. Diane allait probablement vouloir le tuer pour ça, raison pour laquelle il ne lui en laissa pas le temps. Sans lui demander son avis, il lui enroula ses bras autours de sa taille et la traîna carrément jusqu’au banc le plus proche sur lequel il les fit asseoir tous deux. Puis le se figea. Il observa le ciel et poussa un soupir.

–La pollution lumineuse, tout un quelque chose n'est-ce pas?! Ne trouvez-vous pas absolument abject de ne pouvoir voir les étoiles en milieu urbain? S’enquit-il bien qu’il fusse presqu’à cent pour cent certain qu’elle n’en avait rien à faire.

Et pour être franc, il s’en moquait également. Les étoiles, il pouvait aisément les voir lorsqu’il était à Love Hall. Parce que si le manoir était non loin de Liverpool, il était quand même dans la campagne… Même si force était d'admettre qu'encore une fois, les voisins n'étaient pas des rustres mais des personnes fort bien vues dans les hautes sphères de la société.

–Je connais une grande dame d’Angleterre qui a un jour dit « All my possessions for a moment of time. » Étrangement, je suis tout à fait d’accord avec elle. Mais aujourd’hui, je n’ai rien eu à donner pour avoir mon petit moment de temps. Il se trouve que je suis dans ce temps-là et il semblerait que je sois bon pour tenter de vous… consoler?

Il effectua une pause, se demandant lui-même où il voulait en venir. D'autant plus qu'il avait cité quelqu'un. Ce n'était guère dans ses habitudes, ça! Après tout, très peu de personnes pensaient ou avaient pensé suffisamment tout croche pour que le jeune homme se sente un tant soit peu concerné par leurs dires! Et la personne qu'il venait de citer n'était nulle autre que feu la Reine Élizabeth Première! Bon, il était vrai que ce petit bout de phrase qu'elle avait jadis prononcé semblait quasi anodin... Mais en vérité, il exprimait une réalité pour Heath qui semblait trop souvent manquer de temps. Entre le travail, les cours particuliers auxquels il s'était inscrit (notamment à Oxford, en mathématiques), les projets d'envergure qu'il avait monté, les soirées mondaines et les quelques minutes passées en la rassurante présence de sa bien-aimée grand-mère (qui était en fait la seule personne qu'il s'authorisait à aimer), le temps semblait lui passer entre les doight comme l'aurait fait de l'eau. Mais voilà que tandis qu'il avait une minute pour lui, on lui demandait presque d'endosser le rôle d'une épaule sur laquelle pleurer.

–Je ne vous consolerais pas Diane. Je ne sais ni ne veux le faire. Vous êtes une grande fille, vous devriez être capable de le faire vous-même, non? Ce serait chouette de revoir un vrai sourire et non pas ces grimaces bizarres que vous vous évertuez à nous servir depuis qu’elle est morte. Elle, elle est morte… et enterrée. Vous, vous êtes vivante et c’est à peine si l’on s’en rend compte. Vous savez, il y a une autre personne qui a dit quelque chose d’intelligent. « In the midst of death, we are in life. » Et pour être franc, vous me donnez des haut-le-cœur.

Ça y était. Il était persuadé qu’elle allait tenter de le tuer. Au moins était-il conforté par la pensée qu’il ne se laisserait pas faire et qu’elle réagirait. Ce qu’il venait de lui dire pouvait paraître anodin mais il savait pertinemment que c’était d’une importance capitale pour elle. Elle allait tout au plus commencer à le détester mais il ne pouvait vraiment nier ce détail-là; Diane lui faisait souvent l’impression d’être un zombie, obéissant lorsqu’il semblait approprié d’obéir et ayant cet air de mort-vivant sur son joli visage. Et effectivement, cela commençait à sérieusement lui lever le cœur, épris qu’il était de la vie –toute injuste qu’elle put être– ainsi que des imprévus qu’elle recelait.
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MessageSujet: Re: Black Sheeps, Not Lambs!   Mer 28 Jan - 16:46

Elle ne pouvait faire autrement que de l’admettre : c’était si bon!… Elle ne se souvenait pas réellement d’avoir jamais permis à un garçon de poser ses pattes sur elle mais le contact qu’elle avait à présent avec Heath lui était doux pour une raison qui lui était obscure. Elle parvenait à sentir les paumes du jeune homme contre son dos et les frissons glacés qui lui parcouraient la colonne vertébrale mais elle ne parvenait pas à comprendre ni pourquoi son camarade n’avait toujours pas ôté ses mains de là, ni pourquoi cela déclenchait une telle réaction chez elle. Et elle trouvait que ses frissons étaient quelque peu déplacé étant donné qu’elle savourait un moment d’exquise félicité. Encore qu’elle ignorait parfaitement d’où venait cet état d’extase. Il n’était après tout que son meilleur ami –ou du moins était-ce ainsi qu’elle le considérait. Peut être était-ce le fait que lui aussi avait connu son amie de cœur? Ou bien était-ce parce qu’il avait eu la galanterie de lui porter son manteau qu’elle faisait preuve de… comment dire? d’obligeance? C’était très étrange, sentiment renforcé dès qu’il eu contré la petite pique qu’elle lui avait balancé sur un coup de tête. Il avait donc remarqué qu’elle s’était laissée aller à le dévisager pendant une bonne partie de la soirée… Comment cela se pouvait-il? Elle ne l’avait justement jamais quitté des yeux tout ce temps durant et pas une fois il n’avait regardé en sa direction! Comment avait-il su? Il était vrai qu’elle n’entretenait pas la secrète pensée de ne pas lui dire à quoi elle avait occupé son temps mais il semblait avoir tout bonnement deviné! Ce que cela pouvait être injuste! Qu’avait-elle à lui répliquer à présent? Qu’il aille se faire foutre?

Disons qu’elle n’avait pas passé une bonne partie de sa soirée à désirer lui souffler deux mots pour finalement l’envoyer bêtement promener quoiqu’elle doutât sérieusement qu’il se fusse laissé faire! Pour ce qu’elle en savait, Heath ne se laissait jamais marcher sur les pieds et elle ne pouvait réellement se laisser à espérer qu’il ferait une exception pour elle. Ne sachant trop quoi dire, elle commença par hausser les épaules avec une attitude qui se voulait nonchalante.

    DIANE « On ne peut rien vous cachez, le peut-on, mon cher? Néanmoins, je serais curieuse de savoir comment vous vous êtes débrouillé pour vous rendre compte que je vous observait. Avez-vous demandé à l’un de vos… amis de vérifier pour vous? »

Force était d’admettre qu’elle même doutait honnêtement des paroles qu’elle venait de prononcer. Lui, demander à un autre de vérifier qu’elle le regardait? Pour le connaître depuis leur toute petite enfance, elle savait la chose très peu crédible. Cependant, c’était toujours mieux que de se taire ; elle ne supportait que difficilement les commentaires en partance de ce garçon-là, peut être justement parce qu’elle voulait lui être complaisante? Les paroles qu’il prononça à peine quelques secondes plus tard lui enlevèrent toute envie. Que venait-il de dire?!? Qui avait-il osé invoquer? Diane sentit sourdre en elle une fureur aveugle. S’il lui en avait laissé l’opportunité, elle lui aurait probablement coupé la langue mais prévenant comme toujours et à l’apogée de sa galanterie, le crétin lui avait enroulé le bras autours de la taille pour la trimballer à travers son crétin de jardin à la façon dont il aurait pu trimballer un livre ou quelque chose du genre. C’en était insultant ; était-elle si légère que cela? Bien décidée à ne pas lui faciliter la tâche, elle lui mit quelques coups de coude dans les côtes mais sa flûte de champagne rendit l’opération plus délicate, tant et si bien que Diane finit par demeurer aussi immobile qu’une statue, question d’éviter de tacher sa belle robe à carreaux. Peine perdue puisque dès qu’il la fit asseoir sur le siège, une lampée vint gicler contre elle. Elle s’emmura dans une sorte de silence boudeur tandis que l’autre baratinait sur les étoiles. Qu’est-ce qu’elle en avait à faire, des étoiles?

À peine cette pensée formulée que l’autre changeait de sujet, passant du coq à l’âne. Ce qu’il pouvait être déroutant! Néanmoins, ses paroles ne manquèrent pas de toucher profondément Diane. Elle connaissait la citation, elle la lui avait elle-même récité une fois, plaisantant bien sûr sur le fait que ses possessions à elle étaient relativement modestes. Mais ce n’était pas la citation elle-même qui émeut la jeune universitaire. C’était le reste ; le fait qu’il avait deviné la peine dissimulée sous sa fureur. Ceux qui la connaissait n’étaient pas sans l’ignorer : elle était particulièrement sensible à toute allusion à feu son amie de cœur mais la plupart des gens prenaient pour de la colère ce qui était en réalité un deuil. Un deuil qu’elle portait depuis déjà un bon moment mais qui lui était capital et qui pesait lourdement sur ses épaules. Et voilà que son meilleur ami parlait de la consoler. Lui, la consoler? Les yeux de la jeune blonde s’écarquillèrent. Jamais elle ne l’aurai cru capable de quelque chose comme ça!

Et elle avait d’ailleurs raison car tout juste après un silence pragmatique, l’autre la retournait de bord et lui disait qu’il n’avait nulle intention de faire quelque chose pour l’aider. En fait, au fur et à mesure que l’autre parlait, le visage de Diane s’assombrissait. Vers la fin du discours, des larmes vinrent mouiller ses yeux. Tout ce qu’il avait dit n’était que trop vrai mais quel besoin avait-il eu de le lui jeter au visage de la sorte? Aucun! La mort dans l’âme, elle n’eut pour commencer aucune réaction. Puis, se faisant violence, elle fit décrire un demi cercle à la main qui tenait sa flûte de champagne afin que ce dernier aille se recevoir sur le sans-cœur qui lui faisait face. Sans prendre la peine de voir les dégâts causés, elle tourna le dos au jeune homme, lâcha tout ce qui se trouvait dans ses paumes et mit sa tête dans ses mains afin de pleurer. N’eut-ce été du fait qu’elle portait un vêtement ouvert et très court, elle aurait probablement ramené ses genoux contre son menton. Mais du fait de sa robe, elle n’en fit rien. Elle pleura. Longuement. Sans se soucier de si l’autre était parti ou s’il était encore là. Sans se soucier de rien, vraiment. Elle pleura sa douce amie partie trop tôt, elle pleura d’être restée dans un monde si ingrat et elle pleura de n’avoir vraiment personne sur qui compter. Heath? Il se fichait d’elle comme d’une gigue! Alors qu’elle était dans la phase la plus triste de sa jeune vie, cet imbécile fini n’avait trouvé rien de mieux que d’enfoncer le fer dans la plaie!

Révoltée, elle se leva brusquement mais ce faisant, ses pieds nus s’enfoncèrent dans des éclats de verres. Une grimace de douleur vint étirer ses traits alors qu’elle réalisait que sa coupe de champagne, lorsqu’elle l’avait lâchée, s’était brisée et elle en faisait à présent les frais. Merdouille! C’est alors qu’elle se rendit compte que le Cage n’avait pas bougé d’un pouce et qu’il l’observait avec cette même mine impassible qui lui était habituelle. À ceci près; Heath n’était jamais vraiment impassible. Ou du moins, sa façon d’être impassible était unique car impassible, oui il l’était, selon la définition que le dictionnaire donnait du mot. Cependant, une personne avisée, après avoir étudié les traits de ce séduisant jeune homme, serait alertée par un petit quelque chose. Tandis que le visage d’albâtre semblait parfaitement impénétrable, une curieuse impression s’insinuait; l’impression que le bonhomme souriait avec cynisme. Comment expliquer le phénomène? Diane n’en avait aucune idée mais alors même qu’elle semblait vivre l’enfer sur terre, il la regardait avec ce sourire caché derrière ce visage marmoréen. Une vague de rage à l’état pur la submergea et sans penser à rien d’autre, elle fit un pas en avant avec la ferme intention de commettre un meurtre. Deux chose l’en empêchèrent. Tout d’abord, en effectuant ce pas, d’autres éclats de verres étaient venus se ficher dans ses pieds, la paralysant de douleur et ensuite, sa baguette n’était pas sur elle et elle était de loin beaucoup plus faible que ce débile assis juste devant elle et qui ne réagissait toujours pas. Bref, elle ne pouvait que rester figée de la sorte, impuissante et bouillante.

    DIANE « Je… Tu… Espèce de… »

Ce furent les seuls mots qu’elle parvint à prononcer, bien qu’elle aurait voulu couvrir ce sombre idiot de toutes les insultes possibles. Elle devait être un beau spectacle à regarder parce qu’il n’avait apparemment pas fini de la dévisager. Le silence qui suivit ne fut interrompu que par le sanglot qui souleva la poitrine de la jeune universitaire qui venait de se rendre compte que si elle vivait un enfer sur terre, le diable n’était autre que celui qu’elle avait toujours considéré comme son meilleur ami. C’était pour le moins surprenant. Et pourtant, elle n’aurait pas du être surprise. Heath, à bien des égards, était bel et bien un petit diable. Elle l’avait toujours su puisqu’elle avait longtemps été sa confidente de mauvais coups. Elle avait même été sa complice de mauvais coups; elle avait été témoin des mauvais traitements infligés à ses martyrs. Elle savait que très peu de gens ne le détestaient pas et elle comprenait à présent pourquoi. S’il y avait un diable sur terre, c’était lui. Quant à elle, elle ne troublerait plus jamais l’ordre public, croix de bois, croix de fer, et ainsi, elle n’irait pas en enfer!

    DIANE « Dieu à voulu les choses de façon très étrange. Comment se fait-il qu’une personne avec un visage d’ange puisse être aussi maléfique? »

Elle avait conscience de la puérilité de ses propos mais elle ne pouvait s’en empêcher. En apparence, Heath ressemblait réellement à un ange: il était indéniablement beau. Mais du reste, il était… froid.

    DIANE « Tu ne seras pas universellement pleuré à ta mort. Tu ne me donnes pas de hauts le cœur mais malgré tout ce qui m’est arrivé, c’est pour toi que je suis désolée. Tu n’es qu’un psychopathe. »

Puis, elle se tût. Elle aurait bien aimé partir, s’enfuir loin de lui mais le fait est que la douleur la paralysait encore. Elle était meurtrie de partout mais plus particulièrement du cœur. Elle avait vraiment cru avoir un ami en la personne de l’héritier des Cages. Il semblerait qu’il ne fallait jamais rien prendre pour acquis…


(Si tu veux que je change un truc, tu sais où j'habite XD)
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Black Sheeps, Not Lambs!

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