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 Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.

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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Dim 29 Mai - 22:00


(c) Mistaken
ORION PHOEBUS BOWEN-LLOYD
On t'a promis la mer et tu patauges dans une flaque, dis moi tout ce que tu as cru, qu'est-ce que tu vas te prendre comme claque?
PROMESSE OSEE, TRUST. MAIN THEME.


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STYXX (AUDREY)- 20 Y.O.- ok- MULTICOMPTE - JONATHAN RHYS MEYERS - PERSONNAGE INVENTE - PRESENCE 7/7 (RP: 5/7)

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CARTE D’IDENTITÉ
Vous me connaissez très probablement sous le nom d'Orion Phoebus Aaron Bowen-Lloyd, fils de Garance et Aaron Bowen-Lloyd. Je suis né 24 décembre 1998 mais je ne suis pas venu au monde tout seul: ma soeur jumelle, Mira, a également pointé le bout de son joli nez. , je suis donc âgé de 35 ans, à peu de choses près. Je suis ce qu'on appelle un Né-Moldu, je suis le seul de ma famille à avoir des pouvoirs magiques, ce qui n'a pas été sans déplaire à Rigel, mon frère aîné, qui m'en fit voir de toutes les couleurs. Mes origines plus qu'incertaines ne m'ont pas empêché d'atteindre l'excellence lorsque j'étais étudiant, malgré l'indiscipline dont je pouvais faire preuve. Je ne me suis jamais senti concerné par cette histoire de sang, me considérez donc comme étant neutre à ce propos, je ne prendrai pas parti. Puisque nous parlons études, sachez que j'ai étudié à Poudlard, fier représentant des Aigles. Sitôt les études terminées, je fus dans un premier temps Joueur de quidditch professionnel, mais ma maladie cardiaque, s'étant manifestée au cours d'un match, remit cet avenir brillant et prometteur en question. Je ne suis pas resté longtemps inactif cependant, je me suis reconverti dans une autre professions. Je suis alors devenu un Auror de talent, mais certains évènements m'ont contraint à abandonner ce métier autant passionnant que dangereux. Je suis resté sans activité pendant longtemps, mon invalidité partielle ne me permettant pas d'être aussi indépendant que je le souhaiterais, mais j'ai quand même réussi à obtenir ce poste de professeur d'histoire de la magie, que j'exerce depuis Septembre. Je suis donc un novice en matière d'enseignement, surtout que l'on me dit pas pédagogue.

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DÉTAILS

ORIENTATION SEXUELLE: Ayant occupé le devant de la scène pendant longtemps, Orion, de par son physique plutôt avantageux, a été sollicité par la gente féminine. On lui connaît trois relations sérieuses: Rhoda, qui fut son amour d'adolescent, Laura, avec qui il vécut une romance passionnée et dévastatrice, et Irène, la jolie infirmière avec qui il finit par se marier. Cela ne fait donc aucun doute, Orion est hétérosexuel.
BAGUETTE MAGIQUE: Celle d'Orion a été brisée lors de cette mission qui changea le cours de son existence. Pendant une longue période, il n'en a plus eu, plutôt réticent à utiliser la magie, qui pouvait être dangereuse pour lui, quelle que soit sa nature et quelle que soit sa forme. Néanmoins, et c'est devenu une nécessité, il a dû en acquérir une nouvelle pour pouvoir assurer ses cours d'histoire de la magie. Elle mesure une trentaine de centimètres, elle est faire de bois d'if, symbole de la renaissance, et d'un ventricule de coeur de dragon, symbole de force et de vie. Cela étant, cette nouvelle baguette ne vaut pas l'ancienne, celle-ci est nettement plus capricieuse et est presque aussi têtue que celui qui la détient.
BALAI:jadis, il possédait un éclair de feu, un balai aussi puissant que rapide. Avoir un balai performant était presque une obligation pour la vedette de Quidditch qu'il était alors. Son vieux balai est enfermé à double tour dans un placard, il n'est plus remonté sur un balai depuis l'accident qui anéantit sa toute jeune carrière, alors qu'il était simplement âgé de 19 ans.
ANIMAUX: Aucun. Orion déteste les animaux.
PATRONUS: le faucon.
EPOUVANTARD: son frère aîné, sans nul doute, envers qui il voue une haine tenace, haine qui conduit au fratricide. Encore maintenant, Rigel est l'un des deux fantômes qui viennent régulièrement le hanter, l'autre n'est autre que Laura.


Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 21:05, édité 11 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Dim 29 Mai - 22:00


(c) Mistaken
Jésus ! J'ai peur, de la douleur, des nuits de veille, mémoire inachevée, qui ne sait... où elle naît.
MYLENE FARMER. AVANT QUE L'OMBRE.


PROLOGUE

La mort est paisible. Il suffit de l’attendre, pour qu’elle vous tende enfin les bras. Mais parfois, quand bien même on aurait passé des heures à l’attendre, elle finit par s’enfuir, parce qu’elle ne veut pas de nos âmes damnées. Au final, c’est elle qui décide, qui doit partir, qui doit rester. Et une fois la décision prise, il est difficile de retourner en arrière. Quand on s’engage dans le couloir de la mort, on ne peut songer à reculer. On est pris au piège, faits comme des rats, on n’a pas le choix à part avancer vers ce qui semble être notre destin. Cela fait des années que j’erre dans ce couloir, sans en voir le bout. L’obscurité m’a envahi, la lumière s’est dissolue dans mon néant, ce néant qui m’est si cher. J’entends des voix, je vois des ombres. Je les sens fureter autour de moi, parfois je les vois, au détour d’un chemin, et quand d’aventure je referme le poing, je ne capture que du vide. C’est drôle quand on y pense. Jamais un jour on n’aurait pu penser que la solitude me sied si bien, moi qui étais voué à vivre sous les feux des projecteurs, moi qui étais voué à être auréolé de lumière, au sommet de ma gloire. Il m’arrive d’y penser, parfois, à cette vie qui aurait pu être mienne si le destin n’en avait pas décidé autrement. Et comme à chaque fois, il me restait un goût amer sur le bout de la langue, un vague sentiment d’inachevé. La brutalité des évènements m’a quelque peu surpris, pris au dépourvu, me forçant sans cesse à m’adapter, à trouver des portes de sortie. Mais ces portes ne menaient nulle part, sinon à une impasse. Ma vie est jalonnée d’occasions manquées, de rêves avortés. Je n’ai plus de désirs, plus d’ambitions, je me suis éteint, mon être s’est annihilé comme on souffle une bougie. Il n’en reste plus que des braises, puis des braises devenues cendres, et les cendres finissent inexorablement par s’effriter au gré du vent, à s’éparpiller ça et là, sans jamais plus se reconstituer, en une entité, Une et entière. Et nous, mortels humains, nous étions voués à connaître le même sort. Nous sommes nés poussière, et nous redeviendrons poussière. N’y voyez pas là un quelconque châtiment, la garantie d’un oubli facile et rapide. La mémoire, elle, demeure. Même la personne la plus insignifiante qu’il soit laisse une trace de son passage. Quand bien même elle serait morte, elle n’en reste pas moins vivace dans le cœur des personnes qui l’ont côtoyée, le poison de son souvenir se distillant dans leurs veines, leurs fantômes les hantant par intermittence. Il m’est facile de prétendre à tout cela, puisque j’ai touché la célébrité du bout des doigts. Et bien des années après avoir stoppé l’activité qui m’avait rendu célèbre, l’on continuait à parler de moi, comme si j’étais toujours là. Pourtant, je m’éteignais peu à peu, m’improvisant parfois fantôme, apparaissant et disparaissant au gré de mes déceptions amoureuses, ou, plus généralement, au gré de mes déboires. Là où certains n’aspiraient qu’à rester dans les mémoires, être peut-être à se faire une place dans l’Histoire, celle qui rend l’être tellement insignifiant en comparaison à l’échelle du temps, je savais m’effacer lorsque je le jugeais nécessaire. Et à présent que je suis au crépuscule de ma vie, donnant l’impression d’avoir vécu trois siècles alors que la crise de la quarantaine n’était pas encore d’actualité, je m’interroge, je reconsidère ma vie, je remets tout en question. Je n’ai plus l’espoir d’un futur paisible et serein, j’y ai renoncé depuis trop longtemps. Je me sais condamné à vivre dans la douleur, à souffrir cruellement au moindre pas esquissé, marcher m’était devenu pénible, voire impossible. Pourtant, à chaque minute qui passe, je ne cesse de me battre, refusant ce destin qui est mien. Mille dieux, je ne suis plus aussi virulent, aussi combattif qu’autrefois. Je n’ai pas baissé les bras, disons que je n’ai rien fait pour empêcher ma chute aussi fulgurante que fatale. Et à présent, je sombre inexorablement, m’abîmant dans les affres du désespoir. Je suis un homme mort, une épave, et pourtant je vis. Je ne suis ni un vampire, ni un zombie, je ne suis pas une créature d’outre tombe, je ne suis qu’un homme. Mais l’humanité, quand elle montre son vrai visage, n’en est que plus monstrueuse, elle est immonde, elle est abjecte. L’humanité jouit de sa turpitude, s’enlise dans le péché, se complaît dans son hérésie, elle exalte de ses exactions, et au lieu d’être fermement condamnée comme elle se doit, elle n’en sort que plus glorieuse. Parfois, j’ai honte d’être ce que je suis, mais je continue à être, parce que je ne supporterais pas de m’être gaspillé au point de ne plus exister. J’ai simplement cessé de vivre, pour ne plus que survivre. Je suis mort et ressuscité trois fois. Vous savez, au bout de la quatrième, il serait peut-être temps que je m’en aille pour de bon.

CHAPITRE 1. PROBLEM CHILD.
So here we are, it's hour one, and it's a nightmare, there's nothing left, and yet it's good to be alive, there's no use crying cause the universe is not fair, the wicked and the innocent are fighting to survive.
SCORPIONS. HOUR I .

C’était un après-midi comme les autres. La brume enveloppait la capitale britannique de son voile cotonneux, emplissant l’air ambiant d’humidité. Et comme d’habitude, en cet après-midi grisâtre, les londoniens se hâtaient de rentrer chez eux avant qu’il ne pleuve à verse. Parfois, il leur arrivait d’être bousculés par des vendeurs ambulants, qui proposaient beignets, sucres d’orge et chouchous, vous savez, ces cacahuètes enrobées de caramel. J’hume l’air, un instant. Je n’avais pas envie de rentrer, pas maintenant. D’autant plus que Mira, qui trottinait à mes côtés, avait l’intention de m’emmener je ne sais où. Soudain, ma sœur s’arrêta, et commença à regarder frénétiquement autour de nous. «Orion, tu as entendu? » J’arque un sourcil. Entendre quoi, Mira? Tu sais bien que je n’ai pas l’oreille musicale. C’était un comble, surtout quand on savait que notre père avait une renommée mondiale dans le milieu de la musique, et que mon insatiable sœur dansait depuis quelques années déjà. « La musique! » s’enthousiasma-t-elle en battant des mains et en sautillant sur place. Je m’arrête à mon tour. Je tends l’oreille. Effectivement, je parvenais à distinguer quelques notes, très lointaines. Des notes joyeuses et sautillantes. Sûrement quelqu’un qui jouait de la guitare dans la rue pour gagner sa vie. Il n’était pas rare d’en croiser, ça et là, dans les rues de la capitale. Parfois, il m’arrivait de leur céder une petite pièce, pour peu que leur musique m’ait plu. Mira se tourna vers moi, l’œil brillant. « Il faut qu’on aille voir. » Je soupire. Elle était comme ça, Mira. Dès lors qu’elle entendait la moindre note de musique, elle devenait hystérique. J’exagère à peine. Mais dans le fond, malgré mes trop nombreuses taquineries, je comprenais ce qu’elle ressentait. Il était difficile de résister à l’appel de ce qu’on aimait plus que tout au monde. Pour elle, c’était la musique. Pour moi, c’était le simple fait de pouvoir voler, quand bien même je serais dépourvu d’ailes. C’était peut-être pour cette raison que j’aimais autant le Quidditch. Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit, que déjà, elle venait de prendre ma main et de se mettre à courir. Je lui emboîte le pas, adoptant la même cadence qu’elle. Bientôt, main dans la main, nous étions en train de cavaler dans les rues de Londres, à la recherche d’un guitariste de rue. La situation était en soi assez absurde, mais nous-mêmes étions absurdes. Certains passants nous regardait, interloqués, mais ce n’étaient pas leurs regards qui allaient freiner notre course, loin s’en faut.

Légèrement essoufflé, je tentais de suivre Mira du mieux que je pouvais. Elle bondissait et sautillait, portée par la musique. Elle semblait suivre les notes. Pour ma part, j’essayais simplement de ne pas me télescoper avec un passant. Si je venais à bousculer quelqu’un, sans nul doute me sentirais-je vraiment mal. Nous arrivâmes finalement à une place, toujours bondée à cette heure-ci de l’après-midi. Mira ralentit sa course, moi sur ses talons. Nous étions pris dans cette foule compacte et grouillante, témoin de l’activité quasi-constante de ce quartier. Puis, quelques personnes s’écartèrent, lassées du spectacle. Ils s’en retournaient à leurs activités habituelles. Pour eux, la magie de l’instant était terminée. Le retour à la réalité était brusque. Pour un peu, j’aurais de la peine pour eux. Tenant toujours Mira par la main, ne serait-ce que pour ne pas la perdre dans la foule, je jouai des coudes pour me frayer un chemin, m’excusant lorsque je marchais sur un pied. « Pardon, excusez-moi » je répétais, inlassablement, autant de fois qu’il était nécessaire en réalité. Mais je n’étais pas convaincu que les autres avaient quelque chose à faire de ces excuses que je m’efforçais de formuler. À dire vrai, ils ne m’accordaient même pas un regard, je n’étais qu’un enfant, après tout. « Il est là bas! » s’écria Mira, avant d’accélérer à nouveau le pas. Je retins un soupir blasé. Ma sœur, elle était increvable. Elle était toujours pleine d’énergie, toujours prête à tournoyer et à onduler au rythme des musiques qui lui flattaient l’ouïe. Tout n’est que musique, disait-elle, en ayant l’air d’y croire sincèrement. Il suffisait simplement d’écouter. De se laisser porter par le vent, d’écouter la pluie qui tombe, le feuillage des arbres qui s’agite sous une légère brise…Tout était bon pour danser, pour virevolter, pour rêver un peu, pour s’évader d’une réalité bien trop morne. « Temps mort! » je réclame, le cœur au bord de l’implosion. De nous deux, j’avais toujours été le plus calme, mais aussi le plus fragile. J’avais compris qu’une épée de Damoclès était au dessus de ma tête, et je me souviens de l’expression à la fois interloquée et atterrée qu’avait arborée ma mère lorsque je lui avais demandé si j’allais mourir. Elle m’avait garanti que non, mais je n’étais pas spécialement convaincu par ses dires, d’autant plus que les médecins s’accordaient à dire qu’il fallait que je fasse très attention, mon cœur trop fragile ne supporterait certainement pas les émotions trop fortes, et les efforts. Cette simple course dans les rues de Londres avait suffi à me fatiguer, et à faire en sorte que je me sente mal. Je secoue la tête, comme pour chasser le flou qui voilait mon regard. La musique semblait aller en s’amplifiant, et chaque note résonnait désormais comme un coup de marteau.

J’avais lâché la main de Mira. La foule me parut tout à coup tellement plus dense, tellement plus hostile. Même le temps semblait ralentir, les secondes s’égrenaient, impitoyables, et surtout, interminables. Je continuais à jouer des coudes, à me frayer un chemin parmi la masse. J’avais perdu Mira, et à présent, plus rien ne m’importait à part la retrouver, afin de nous ramener à la maison. En un trait de temps, la foule se dispersa. Je pus voir ce qui se passait autour de moi. Contempler le ballet des voitures qui se succédaient aux feux. Puis, mon regard surprit une silhouette qui m’était familière. Mira. Elle était là bas. Elle s’apprêtait à traverser la rue, sans prendre la peine de regarder ce qui se passait autour. Mon sang ne fit qu’un tour. « MIRA! NON! » Surtout que j’avais vu le break qui filait droit sur elle, et qu’elle ne semblait pas avoir remarqué. Malgré mon malaise, je me mis à courir, comme jamais je n’avais couru auparavant. Mais plus j’approchais, et plus elle semblait s’éloigner, curieux paradoxe qui me donnait des ailes. Je n’eus que le temps de plonger sur elle, pour la plaquer au sol. Déjà, la grosse voiture noire freinait en extraordinaire crissement de pneus. J’ai vu ma vie défiler devant mes yeux, je nous voyais déjà morts, étendus au sol, percutés par ce véhicule fou-furieux…je refermai mes bras autour de ma sœur, comme si j’étais persuadé que mon corps puisse faire office de muraille, comme si du haut de mes six ans je pouvais interrompre la course folle de ce véhicule…Et soudain, sans que je comprenne ce qui se passait, la voiture s’arrêta brusquement. Le moteur était silencieux, le break semblait s’être de lui-même figé, et le conducteur ne semblait pas plus comprendre que nous. J’entendis quelqu’un crier « ils n’ont rien, dieu merci, ils sont saufs! » avant de se précipiter sur nous, afin de nous éloigner de ce passage-piétons maudit, là où nous avons failli perdre la vie. Je tremblais comme une feuille, je tenais Mira dans mes bras, qui n’osait plus regarder autour d’elle. Puis, brusquement, un voile noir me couvrit les paupières. Je vis le sol se rapprocher dangereusement, puis ma tête le percuta. Je perdis alors connaissance.

x

Je ne savais pas si je devais être considéré comme un miraculé, ou quelqu’un qui a concouru à sa propre perte à cause d’une imprudence. Mais une chose est-il, c’est que je me réveillai à l’hôpital quelques jours plus tard, légèrement endolori. J’avais une perfusion dans le bras, et je me sentais pâteux. Je me souvins alors de cette voiture vrombissante qui fonçait droit sur nous. Je remue une jambe, ne comprenant pas pourquoi j’étais courbaturé. La voiture ne nous avait quand même pas percutés? Et, où était Mira? J’ouvris complètement les yeux, aveuglé par la lumière qui filtrait encore au travers de la fenêtre. Je me redresse brusquement, mon cœur cognant dans ma poitrine à une allure folle. « Mira? MIRA! » j’appelle, paniqué de ne plus voir ma sœur. Quelqu’un bouge auprès de moi. Je l’ai réveillé, je crois. Mais je m’en fiche, je veux voir Mira, je veux savoir si elle va bien. Je me rappelais juste de cette voiture qui fonçait droit sur nous, puis plus rien. Tant de choses pouvaient s’être passées pendant ce moment où je n’avais plus conscience de rien. « MIRA! MIRA! Où es-tu? » La personne s’était levée. Elle s’était approchée de moi. Mais je ne la voyais pas, moi, j’étais déjà en train de pleurer. De pleurer parce que j’avais peur, parce que je ne voyais pas ma sœur. Parce que je ne comprenais pas ce que je faisais ici, encore moins où j’étais. Mes larmes roulaient toujours sur mes joues de petit garçon alors que des bras à la fois tendres et fermes se refermaient autour de moi, comme pour me protéger du monde extérieur. Mais je n’avais pas besoin d’être protégé, surtout s’il était arrivé quelque chose à Mira. « Mira va bien mon ange, tu l’as sauvée. » La voix de ma mère ne calma pas pour autant mes pleurs, qui redoublèrent alors d’intensité. Je n’ai pas pu la sauver, c’était pas possible. Je me souviens juste avoir cru dur comme fer que je pouvais la protéger en la serrant dans mes bras. Je n’avais même pas songé à la pousser de là. Il m’était déjà acquis que si elle devait partir, alors je partirais avec. « Qu’est-ce qui s’est passé? » je demande, d’une voix enrouée, en reniflant. « Tu as eu peur mon chéri, c’est normal que tu pleures. » répondit-elle, complètement à côté. Mais je m’en fichais, moi, de savoir si c’était normal ou pas que je pleure. Je voulais comprendre. Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours voulu comprendre ce qui se passait à côté de moi. Je détestais les zones d’ombres, les incertitudes, avec moi, tout devait être clair, limpide comme de l’eau de roche. J’étais d’un naturel très curieux, mais ce n’était pas une curiosité maladive qui m’animait. Ma curiosité était davantage intellectuelle. Et satisfaire ma soif de connaissances insatiable était difficile, très difficile. Il n’était donc guère étonnant que je presse tout le monde de questions, ayant pour simple but de tout savoir, tout connaître. Pourtant, je n’étais pas ce qu’on pouvait appeler un intello, je détestais lire. Je me plaignais souvent qu’il n’y avait pas assez d’images dans les livres. Je levai mes yeux larmoyants vers ma mère, désireux de savoir ce qui nous avait sauvés elle et moi. « Tu n’as pas répondu à ma question! » je l’accuse, l’air boudeur. Ma mère sembla se demander un instant de quelle question je parlais, puis elle articula un oh silencieux. Elle ébouriffa mes cheveux, avant de me serrer contre elle à nouveau. « Personne ne sait ce qui s’est passé, mon poussin. » chuchota-t-elle de sa voix douce. « pas même le conducteur de la voiture. Il est formel, il n’aurait JAMAIS eu le temps de freiner. Et les témoins n’en démordent pas, la voiture s’est arrêtée brusquement, sans préavis. Personne ne sait ce qui a pu se passer, c’est un miracle, Orion, c’est un miracle. » Je grimaçai légèrement, si peu convaincu par son explication. J’avais malheureusement ce côté bien trop rationnel qui ne laissait pas de place à la fantaisie. Je ne croyais pas en la magie, ni même aux phénomènes paranormaux. Ni même en Dieu. Et pourtant, si à l’époque, j’avais su ce que j’étais alors, sans nul doute aurais-je revu mon jugement.

x

On n’entendait plus que le ronronnement du moteur de la vieille Xantia où nous étions tous entassés. Dans l’habitacle, il régnait un silence de plomb, que nul, pour le moment, ne songeait à rompre. Papa fulminait et Maman semblait tendue. Mira ne disait rien, et comme pour parfaire le tableau, je ne disais rien non plus, et pour cause, je boudais. J’avais conscience d’être à l’origine de toutes ces tensions, mais à mon sens, je ne méritais pas d’être traité de façon aussi injuste. Certes, j’étais un enfant plutôt turbulent, mais cela pouvait-il signifier pour autant que je ne ferai jamais rien de ma vie? Actuellement, j’en doutais. C’est vrai quoi, Mira avait la danse, et Rigel, plus âgé, était bon pour les études, et semblait réussir dans ce qu’il faisait. Moi, j’étais le petit dernier, le raté de la famille, celui qui ne savait ni jouer de la musique, ni danser, et qui ne savait pas quoi faire d’autre de ses dix doigts. J’étais condamné à rester dans l’ombre de mon éblouissante fratrie, et l’on me porterait comme on porte un fardeau. J’étais l’enfant au cœur bien trop fragile, celui qui avait une bonne excuse pour ne rien faire de bien exceptionnel: il est malade, il faut le pardonner. Et c’est cette réaction que je trouvais particulièrement injuste. Parce que moi aussi j’étais capable d’accomplir de grandes choses, seulement, le domaine dans lequel j’excellais ne s’était pas encore révélé. J’avais à peine huit ans, il n’y avait pas mort d’homme non plus. Mais aux yeux de mon père, c’est à croire que oui. À l’écouter, il avait tout réussi dans sa vie. Mais devais-je lui rappeler, plus ou moins cruellement, qu’il avait passablement galéré avant d’en arriver là où il était à présent? Que dans sa vie, tout n’avait pas été toujours rose, qu’il avait connu ses moments de doutes, d’incertitudes, mais aussi des déboires? N’avait-il pas accumulé les relations amoureuses avant de rencontrer ma mère? Je restais persuadé qu’on avait le droit d’échouer, tant que l’on pouvait réussir par la suite. Pourtant, je me savais attendu au tournant, j’étais pris au piège dans cette talentueuse famille où je ne me sentais pas à ma place. J’étais celui que l’on disputait parce qu’il était incapable de retenir ses récitations, ou parce que les cheveux de ses camarades devenaient subitement roses. J’étais celui qui était responsable de phénomènes encore inexpliqués. Mais je ne désespérais pas pour autant, je restais persuadé que mon heure n’était pas encore arrivé. Je nourrissais l’espoir absurde qu’un jour, je serai à la même hauteur qu’eux tous, que moi aussi, on me reconnaîtra pour quelque chose. Si l’espoir fait vivre, alors je vivrai probablement centenaire.

Nous entrâmes finalement à la maison. L’ambiance était toujours aussi tendue. Mon père claqua un peu trop brusquement la porte de la voiture, tandis que ma mère cherchait ses clés dans son sac. Je soupire bruyamment. Décidément, ce n’était pas tous les jours facile d’être le fils d’une ancienne rock-star. Mais apparemment, Rigel s’en était bien sorti, alors le problème devait sûrement venir de moi, comme mon père l’avait suggéré tout à l’heure, et comme il continuait de le suggérer. « Mon garçon, qu’allons nous faire de toi? » C’était la grande question. Qu’allait-on pouvoir faire d’un gamin un peu trop rêveur, qui peinait à garder les pieds sur Terre? Qu’allait-on pouvoir faire d’un gamin bien trop dissipé, turbulent qui plus est, qui avait un trop plein d’énergie à revendre? Pourtant, à me voir, ce n’était pas encore quelque chose de tout à fait acquis: on me voyait volontiers comme quelqu’un de mou et lymphatique, plutôt long à la détente. Pourtant, ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’à la récré, je débordais d’énergie. Je courais et sautais partout, tout en m’égosillant, et je jouais au football avec les autres garçons, tout en taquinant cet idiot d’Edwin qu’on ne pouvait pas taper parce qu’il avait des lunettes. Pourtant, ce n’était pas l’envie qui manquait, il fallait le voir, le chouchou! Qu’importe. Qu’il ne vienne pas se plaindre si d’aventure, nous venions à décider de le snober et de l’exclure de nos jeux. Je m’étais souvent retrouvé dans le bureau du directeur, et ce afin de justifier les trop nombreux phénomènes étranges qui survenaient dans mon sillage, comme si, moi, du haut de mes huit ans, j’étais responsable de tout ce qu’il y avait d’anormal dans cette école. Ils avaient besoin d’un bouc émissaire, et donc, tout naturellement, comme si c’était l’évidence même, ils m’accusaient. Pourquoi ça ne serait pas cet idiot d’Edwin tiens, il était assez bizarre pour faire ce genre de choses! « Tu es injuste, Aaron! Il est encore jeune, laisse-le faire ses preuves. » Ah, tu vois, avais-je envie de m’exclamer. Maman, une fois encore, était de mon côté. Elle me défendait toujours. Et j’étais d’ailleurs un sujet de disputes récurrent entre mes deux parents. Comme si j’étais également la source des problèmes survenant dans cette maison. Il fallait dire que l’un et l’autre n’étaient pas d’accord quant à la façon de m’élever. J’étais né avec une maladie, alors ils avaient dû s’adapter. Maman soutenait qu’il fallait me ménager, pas trop me brusquer. Me protéger, même. Mais moi, je n’avais pas besoin d’être protégé! J’étais suffisamment robuste pour faire certaines choses. Je n’étais pas en sucre. Et mon père, à mon grand dam, était parfaitement de cet avis. Il était plutôt du genre à préconiser une éducation à la dure, pour que je ne me réfugie pas derrière tout ça, et pour que je ne devienne pas une femmelette. Ce programme quelque peu intensif impliquait également que je cesse de trop m’écouter. Ah, mais ça ne me pose aucun problème, pas du tout, je dirais même. Parce que si on tenait compte de mon avis, je ferais du sport depuis longtemps. Le football m’appelait, odieuse tentation. Je bavais d’envie en regardant les matchs à la télé, et je ne manquais pas une seule occasion de frapper le ballon rond. Pourtant, mes parents, sur cette question, avaient été unanimes: il en était simplement hors de question, j’étais bien trop fragile pour pouvoir faire du sport de haut niveau. Et, argument suprême, footballeur, ce n’est pas un métier.

Bon gré, mal gré, j’entrai dans la maison, Mira sur mes talons. J’entendis vaguement mon père dire quelque chose du genre j’ai été assez patient avec lui, s’il y avait seulement quelque chose à faire, ça se saurait depuis longtemps! J’estimai alors en avoir entendu assez. J’étais prêt à m’exiler dans ma chambre, pour continuer à bouder jusqu’au dîner, à défaut de vaquer à mes occupations de bon à rien, mais ce fut ce moment là que Rigel choisit pour sortir la tête par la porte de sa chambre, avide du moindre détail morbide le concernant. « Alors Orion », me demanda-t-il de sa voix nasillarde, « tu as encore fait des tiennes? » Je détestais le ton condescendant qu’il employait à mon égard, cette façon qu’il avait de juger mes faits et gestes. J’estimais que je n’avais rien à lui dire, et personne dans cette maison ne pourrait me donner tort. Rigel émit un petit rire sec. Il ajouta, caustique. « Oh, pardon, j’avais oublié. Qu’est-ce que tu n’as pas fait, pour changer? » C’en était trop. Je ne supportais plus ses railleries, que je subissais à longueur de temps. « La ferme. » je grogne, m’efforçant d’être le plus correct possible. Si je pouvais bien me targuer d’une chose et pas lui, c’est que je savais rester poli et distingué, je n’avais pas des manières de rustre contrairement à Rigel qui rentrait dans le tas sans réellement se soucier des conséquences. «Tu ferais mieux de faire tes valises, petit frère, j’ai entendu dire qu’ils comptaient t’envoyer en pension si tu ne changeais pas de comportement. Ils vont t’apprendre la réalité de la vie, je te le dis. » Rigel me faisait penser à un âne. Un âne stupide qui brait des insanités depuis son enclos. À mes yeux, il n’était bon qu’à brouter de l’herbe, et il était bête à manger du foin. Je le regardais fixement, tentant de me le représenter avec des longues oreilles, un museau, et des dents carrées et désordonnées qui débitaient une carotte. Rigel allait une nouvelle fois me provoquer, mais soudain, il se mit à braire, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Deux oreilles pointues et grises venaient remplacer les siennes. À la fois émerveillé et effrayé par ce prodige, j’avais reculé d’un pas, complètement ébahi. Il m’avait fallu imaginer Rigel en âne pour qu’il en devienne un. Et Rigel continuait de braire, en proie à la panique. J’entendais déjà des pas dans l’escalier, et je m’attendais à me faire gronder. Expulser de la maison, peut-être. Envoyer en pension, comme l’avait dit Rigel. Alors, avant que mon père ne parvienne jusqu’au palier, alerté par les vagissements de mon frère, je m’étais barricadé dans ma chambre. Je pense que j’eus bien fait, parce que déjà, Aaron cognait sur la porte. « Orion, ouvre moi cette porte! » Et il avait beau s’escrimer de la sorte, il ne parvenait pas à ouvrir la porte, qui demeurait scellée quand bien même je ne l’aurais pas fermée à clé. Alors, contrarié, dépassé par les évènements, sans doute un peu effrayés aussi, je me mis à pleurer. Au diable Rigel et ses oreilles d’âne, il les avait bien méritées!

x

Comme il fallait s’y attendre, j’avais été puni comme pour dédommager les oreilles d’âne de Rigel. Je crois bien que personne n’a réellement compris que, si je les avais faites pousser, j’étais en revanche incapable d’annuler ça, c’était sur le coup beaucoup trop demander, d’autant plus que je ne savais pas comment ce phénomène a pu avoir lieu. Mystères restés irrésolus, chapitre énième. La mésaventure de Rigel alla rejoindre les autres bizarreries, tout comme les cheveux roses de ma camarade. Rigel, en tout cas, ne me pardonna jamais cet affront. Ce qui, en soi, me parut fort injuste puisque je n’étais pas directement responsable de cette transformation subite. Certes, j’avais imaginé Rigel avec des oreilles d’âne, mais ça s’arrêtait là. Je m’aperçus alors que mon explication n’était en rien crédible. Rien de ce que je pouvais dire n’était susceptible de me disculper de ce phénomène. D’autres évènements bizarres étaient survenus entre temps, mais plus personne n’y prêtait attention désormais: on s’était fait à l’idée que je n’étais pas normal. Alors, la menace de la pension me revint en pleine tête, telle un odieux boomerang. Envisageaient-ils réellement de m’y envoyer, à défaut de me parachuter dans un quelconque centre pour enfants en difficultés, ou que sais-je du même acabit, centre psychiatrique compris? Je n’en savais trop rien, mais le doute continuait à me ronger, vil et insidieux. De la sorte, il m’était impossible d’imaginer que mes parents puissent m’aimer, d’une quelconque façon. Sinon, ils n’agiraient pas de la sorte avec moi. Le matin de mon anniversaire, où je venais de fêter très précisément ma onzième bougie, j’étais descendu dans la cuisine, sans grand espoir. Je ne m’attendais pas à être réveillé en fanfare par quelqu’un qui me hurlerait un joyeux anniversaire, encore moins à ce que l’on ne m’ait préparé une fête surprise. Aussi, j’étais voué à fredonner quelque chose du genre « Joyeux anniversaire moi-même, joyeux anniversaire. » La mort dans l’âme, je finissais de manger mon bol de céréales, tentant de me persuader qu’elles avaient un goût très spécial puisqu’aujourd’hui était un jour spécial. Mais, rien n’y faisait, j’avais dans la bouche cette même substance caoutchouteuse et sans aucune saveur, comme si j’étais en train de mâcher du carton pâte. Je ne pus m’empêcher que, si ça se trouvait, Mira avait déjà eu droit à ses joyeux anniversaire et tout ce qui s’ensuit. Peut-être que Rigel avait raison, peut-être que je ne faisais pas réellement partie de la famille, que le seul destin auquel je pouvais aspirer était de finir chez les fous.

Je secouai la tête, d’un air navré. J’avais onze ans aujourd’hui, et tout ce dont je me préoccupais, c’étaient des paroles odieuses que mon frère m’avait allègrement crachées à la figure? Tout ce que j’allais faire, en gambergeant ainsi, c’est lui donner raison. Et il était hors de question qu’il ne se mette à penser qu’il m’avait atteint d’une quelconque façon. Je soupirai une fois encore, puis je mis mon bol dans l’évier, pensant à juste titre que Maman allait le laver tout à l’heure, en même temps que tout le reste. Puis, je remontai à ma chambre. Mon père, cependant, me houspilla. « Orion! Tu ne vas quand même pas me dire que tu traînes encore en pyjama! Dépêche-toi un peu, nous devons aller chez la tante Arabella, comme tous les dimanches je te rappelle! » Je grimaçai, peu emballé à l’idée de passer la journée chez l’autre foldingue. D’ordinaire, j’aimais beaucoup ma tante, cela dit, mais pas quand les sacrosaintes réunions tombaient pile poil le jour de mon anniversaire. Quelle idée de fêter son anniversaire le dimanche, aussi! Bon gré, mal gré, je me traînai alors jusqu’à la salle de bains, où je pris une douche rapide avant d’enfiler des vêtements propres. Je ne pris même pas la peine de me sécher les cheveux, je revenais déjà dans ma chambre en claquant ma porte derrière moi, vexé de m’être fait engueuler sans même un bon anniversaire! Bon sang, ils avaient tous oublié, ou quoi? Ou alors, ils attendaient d’être chez Arabella pour nous le souhaiter tous en chœur? Je grognai, légèrement contrarié. Il ne fallait pas rêver non plus, ce genre de surprises n’arrivaient que dans les films, pas dans la réalité! Mais une petite voix insidieuse me rappela que les oreilles d’ânes n’étaient pas non plus censées pousser dans la réalité. Je donnai un coup de pied agacé dans la chaise, non sans me faire mal au passage. Si ces choses là n’arrivaient pas dans la réalité, alors, dans quelle réalité je vivais? Dans un monde parallèle, peut-être? Je n’avais pas envie d’aller chez la tante Arabella, même si j’adorais ses gâteaux. Je n’avais pas le cœur à m’amuser comme il le fallait, alors que tout le monde avait oublié mon anniversaire. Mon attention fut détournée par quelques coups répétés, donnés contre la fenêtre de ma chambre. Je vis alors un hibou, bien éveillé, cogner frénétiquement contre la vitre, sans doute impatient pour que je lui ouvre. Un sourire éclaira alors mon visage. Sans doute s’agissait-il d’une façon originale de me souhaiter mon anniversaire. Mira devait être dans le coup. J’ouvris alors la fenêtre. Le rapace fondit à l’intérieur, avant de se crasher sur mon couvre-lit, y laissant quelques plumes au passage. L’animal était tellement impatient que j’éprouvais d’énormes difficultés à détacher le morceau de papier attaché à sa patte, non sans recevoir quelques coups de griffes & coups de bec au passage. « Du calme le hibou, du calme ! » Je libérai enfin le Grand Duc de son fardeau. Je fronçai les sourcils en m’apercevant que ce n’était pas vraiment du papier…Ou si ça en était, il était légèrement jauni. Je vis alors que la feuille était roulée sur elle-même, et qu’elle était cachetée. Sur le cachet, on pouvait aisément distinguer un H, entouré de quatre animaux. Piqué par la curiosité, j’ouvris ma lettre, impatient de découvrir ce qui pouvait bien se trouver à l’intérieur. Mes yeux s’arrondirent en voyant les mots école de sorcellerie. Je me mis alors à rire jaune. C’était une blague, non? Ma première réaction fut d’appeler ma mère pour lui demander s’il existait une école qui s’appelait Poudlard. Mais, je décidai finalement de taire cette lettre, que j’avais planquée sous mon oreiller, croyant à une supercherie. Il n’était pas question que Mira ou Rigel ne tombent dessus, surtout s’ils n’en avaient pas eu une eux aussi. Mais bientôt, je dus me rendre à l’évidence. J’étais le seul à avoir reçu cette lettre. Alors, je me décidai d’en parler à mes parents. Lorsqu’ils en eurent fini la lecture, le visage de mon père s’éclaira, non sans qu’il ait laissé échapper un petit rire que je devinais sceptique. « Un sorcier, alors? Ça expliquerait beaucoup de choses. » Si mes parents ne voyaient là qu’un prétexte pour expliquer ce qui était arrivé à Rigel, je voyais quant à moi un nouvel espoir. La magie. Aussi insensé cela puisse-t-il paraître, se peut-il que ce soit mon talent?




Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 12:34, édité 1 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Dim 29 Mai - 22:01

CHAPITRE 2. HOGWARTS TIME.
Time is a wicked master, put your life into its hand, close your eyes and it will crush you. Rage only spins you faster, it's a curse born unto man, turns your dreams into disaster.
SCORPIONS. 321 .

« Tu as vraiment l’intention d’y aller, dans cette école? » me demanda Mira, me fixant de ses grands yeux bleus. Nous marchions côte à côte dans le jardin, profitant des derniers jours d’août qui allaient bientôt n’être qu’un souvenir. La brise fraîche nous accompagne, ébouriffant mes cheveux bruns en bataille. Dans quelques jours, j’allais partir, dans quelques jours, j’allais devoir apprendre à me passer des miens, à m’émanciper lentement mais sûrement. Dans quelques jours, c’était une nouvelle vie qui allait s’offrir à moi, et je comptais bien profiter de chaque instant. J’étais un jeune garçon qui croquait la vie à pleine dents, tout en étant bien conscient que je pouvais mourir d’un instant à l’autre. On m’avait dit de rester tranquille, de ne rien faire qui soit regrettable, mais je n’en faisais qu’à ma tête, je n’en avais toujours fait qu’à ma tête, j’étais gravement malade, certes, mais je ne comptais pas m’arrêter là, pas maintenant. Bien au contraire. Peut-être était-ce une idée stupide de sans cesse vouloir repousser ses limites, tirer sur la corde jusqu’à ce qu’elle se casse, mais bien plus que me laisser mourir, je voulais vivre, vivre à en crever. J’adresse un sourire crispé à ma sœur. Il est vrai que j’étais le seul sorcier de la famille, et que je me sentais parfois en décalage. Mais il fallait être un tant soit peu réaliste, si je n’allais pas à Poudlard, jamais je ne pourrai me sentir à ma place ailleurs. Je ne pense pas qu’elle en ait saisi l’enjeu. Il est clair que je n’avais rien demandé à personne. Seulement, c’était une chance inespérée. Selon Papa et Maman, j’avais hérité d’un don du ciel, ils avaient donné leur entière bénédiction pour Poudlard. « Oui, Mira. J’ai vraiment envie d’y aller. C’est une chance qui ne se présentera pas deux fois. » La chance, je la saisissais à pleins cheveux, pour ne rien regretter, pour ne pas me dire que j’aurais pu faire quelque chose alors que je n’ai rien fait. Laisser du monde derrière était sans doute la caution, mais s’émanciper était un passage obligé pour pouvoir grandir, être enfin adulte. Il me tardait de déployer mes ailes, de vivre ma vie. Je n’avais que onze ans, mais j’aspirais déjà à de grandes choses. Papa et Maman y croyaient dur comme fer. Il n’y avait que le monde magique qui pouvait me permettre de m’illustrer, d’apposer une pierre à ce vaste édifice qu’est l’Histoire. Une moue boudeuse ourla bientôt les lèvres de ma sœur. « Tu peux toujours choisir de ne pas y aller, tu le sais? Moi, en tout cas, je n’ai pas envie que tu partes. » C’était égoïste. Elle le savait. Nous le savions. La séparation allait être difficile. Mais elle était nécessaire. J’aimais beaucoup ma famille, mais j’avais envie de partir, voir comment c’était ailleurs. Papa l’avait bien fait dans sa jeunesse, pourquoi pas moi? Je presse l’épaule de ma sœur, affectueusement. « Ne sois pas triste, Mira. On se reverra aux vacances de Noël. Ce n’est pas long, quatre mois. Et puis, toi tu vas à ton école de danse, le temps va passer d’autant plus vite. » ça aussi, j’y croyais dur comme fer. Nous allions tellement être occupés que nous n’aurions pas le temps de penser à l’autre. C’était ainsi que j’envisageais les évènements, même si c’était cruel à dire. J’avais tellement de choses à voir, à découvrir. C’était carrément un nouveau monde qui s’ouvrait sous mes pieds, prêt à m’accueillir à bras grands ouverts. J’avais bien entendu déjà lu tous mes manuels de cours, pour ne pas avoir l’air idiot face à mes camarades qui eux auraient baigné dans la magie depuis toujours. J’ignorais comment j’allais être perçu au château, fraîchement débarqué dans ce nouveau monde. Les jours auparavant, j’avais étourdi mes parents de mes nouvelles connaissances sur la magie, jusqu’à ce qu’ils ne crient grâce. j’ai lu dans l’histoire de Poudlard que (…) ou encore Tu savais que(…) Bien sûr que non, ils ne savaient pas. Et moi aussi, j’ai boudé, de ne pas avoir d’interlocuteur prédisposé à supporter mes bavardages. D’où la conclusion que ma place était à Poudlard et nulle part ailleurs. D’ailleurs, c’est moche comme nom, Poudlard, mais qu’importe, la beauté des lieux devait bien compenser. Je me perds un moment dans mes pensées, m’enthousiasmant presque tout seul. Puis, j’ajoute, avec conviction. « Et je t’écrirai tous les jours. Le hibou te parviendra bien plus rapidement que la poste. » Elle hoche la tête, gravement. Je la prends dans mes bras. C’était dans mon caractère. J’étais tactile, j’étais collant. J’étais vif, j’étais curieux. J’étais un enfant, en somme. Et comme tout enfant qui se respecte, je faisais des promesses futiles, que je n’étais pas sûr de pouvoir tenir. Mais à onze ans, on ne mesure pas encore la portée d’une promesse, le sens d’un engagement moral. « Il s’appelle comment, d’ailleurs, ce hibou? » s’enquit-elle, en me relâchant. Un sourire moqueur étira mes lèvres. « Je l’ai appelé Aleph. » Elle fronça les sourcils. Et, devant son air perplexe, j’arbore une expression bien mystérieuse. « C’est une lettre de l’alphabet hébreu. Paraît que ça signifie bœuf. » Elle soupira, blasée. Elle hocha la tête d’un mouvement navré. « Tu crois vraiment qu’il a l’air d’un bœuf? » J’éclate de rire. On valse un moment, pétris de joie et de bonne humeur. Puis, je déclare. « Non, mais ça sonnait bien, si on fait abstraction de la signification. » Elle hoche la tête vigoureusement. « Je suis d’accord. » Comme prévu, Noël arriva bien rapidement. Mais ce fut la seule année où je revins à la maison pour l’hiver. Par la suite, j’ai tout simplement manifesté la volonté de rester à Poudlard pour les fêtes, là où le château présentait ses meilleurs atours. Je crois bien que Mira m’en a voulu pendant longtemps, m’accusant de les avoir abandonnés, mais cela en arrangeait d’autres. Rigel n’aura pas à supporter le retour du petit prodige pendant les fêtes de fin d’année.

x

« je peux m’asseoir là? » s’enquit une petite voix, désignant le compartiment vide où je m’étais installé. Un garçon noir se tenait face à moi, lunettes calées sur le bout du nez. Un sorcier, probablement, puisqu’il se trouvait ici. J’hoche la tête affirmativement, avant de dégager mon sac qui occupait une bonne partie de la banquette d’en face. Je retourne finalement à mon livre, passionné par la révolte des Gobelins. Même s’ils avaient des noms un tant soit peu étranges. Était-ce une loi universelle, dans le monde magique? J’entends le garçon noir fouiller dans son sac, pour en sortir un paquet de biscuits. À tout hasard, il m’en tend un. Je décline poliment l’offre. « Comment tu t’appelles? » finit-il par demander, timidement. J’arque un sourcil perplexe. C’était peut-être triste à dire, mais c’était la première fois qu’en dehors de Mira, je fréquentais d’autres enfants de mon âge. Je n’avais jamais ressenti le besoin de me faire des copains, ainsi, la notion m’était quelque peu inconnue. « Je m’appelle Orion. » je finis par répondre, mécaniquement. Je m’étais préparé psychologiquement à répondre à cette question autant de fois qu’il serait nécessaire. Je me doute bien que mon interlocuteur n’allait pas être le seul à me poser la question, loin s’en faut. « Paraît que c’est le nom d’une constellation. » j’ajoute, en haussant les épaules, me voulant détaché. Le garçon noir hocha la tête, puis défit ses lunettes pour les astiquer avec le bas de son pull. « Et moi c’est Travis. » se présenta-t-il. « Tu sais pourquoi tes parents t’ont appelé comme ça? » C’est ainsi que la conversation démarra, entre le dénommé Travis et moi. Une conversation qui dura de longues heures, et où tous les sujets furent abordés. Notre maison, notre famille. Ainsi, j’appris que Travis était originaire du Congo, et que sa mère présentait le journal à la télévision. Le père, quant à lui, travaillait en tant qu’informaticien dans une grosse boîte. Ils avaient bien réussi dans la vie, on dirait. Puis, il vint fatalement le moment où je devais parler de mes parents. « Bah…Tu sais…Mon père est une rock star à la retraite, et ma mère était mannequin.  Et ma sœur…Bah ma sœur elle fait de la danse. Et mon frère fait encore ses études. » Travis ouvrit de grands yeux incrédules. « Tes parents sont célèbres, alors? » Je grimace. Evidemment. C’était la question couperet, celle qui tombait systématiquement. « Ouais, malheureusement. » je finis par soupirer, avec quelque peu de nonchalance. « Ca n’a pas l’air de t’enchanter. » J’hoche la tête, affirmativement. « Bah tu sais, quand tes parents ont fait de grandes choses dans la vie, ils s’attendent à ce que tu en fasses autant. » Travis esquissa l’ombre d’un sourire. « Et toi, tu fais quoi de spécial? » Je soupire, une nouvelle fois encore. Contrairement à ce que mes parents pouvaient bien penser, je n’avais rien d’exceptionnel. Mon père me disait sans cesse d’attendre que mon heure venne. J’étais toutefois sceptique. « Rien du tout. » je finis par avouer, dépité. Il ne fallait pas se leurrer. Je n’étais rien. Je n’avais même pas encore de domaine de prédilection. J’étais inutile. « Attends encore un peu. » me suggéra alors Travis. « Peut-être que toi aussi tu vas devenir célèbre. » Je soupire, pour la troisième fois consécutive. Loin de moi l’idée de paraître impoli, mais cette conversation commençait à m’agacer. La porte du compartiment s’ouvrit à nouveau, pour laisser passer une tête blonde. Une fille, cette fois. « Désolée de m’incruster, mais les autres compartiments sont pleins. Au fait, je m’appelle Rhoda Williamson. » un fin sourire se forma sur mes lèvres, tandis que je la regardais s’installer dans le compartiment que je partageais déjà avec Travis. On se présenta, chacun notre tour. Puis, quand ce fut le mien, elle sourit, sereinement. Je me surpris à aimer son sourire, et à rester ébloui quelques instants, avant de reprendre mes esprits. Sans me douter une seule seconde qu’elle allait être le soleil qui rayonnera dans mon ciel pendant deux longues années.

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«à la victoire de Serdaigle. » commenta Travis, en levant son verre à la santé de mon équipe. Des années plus tard, nous étions en train de trinquer aux Trois Balais, fêtant la victoire de mon équipe lors du match opposant Serdaigle à Serpentard. « à Orion Bowen-Lloyd, qui a su mener les siens avec brio, et qui a attrapé le vif d’Or avec un talent absolument remarquable. » commenta Rhoda, en levant son verre à son tour. Une immense fierté m’avait envahi, tandis que dans la salle commune de Serdaigle, on m’avait accueilli en héros après la victoire. Je me souvenais de ce que Travis m’avait dit dans le Poudlard Express, lors de notre premier voyage. De ce que mon père disait également. J’étais forcément bon pour quelque chose. Il fallait juste que j’attende mon heure. Il était là, mon talent. Et c’est dans le Quidditch que j’avais fini par m’illustrer, ce sport sorcier tant dangereux que passionnant qui avait suscité en moi un réel engouement. J’avais joué chez les Serdaigle dès ma deuxième année, malgré mon cœur bien trop fragile, même si l’effort pouvait me tuer. Tous s’accordaient à dire que j’étais le joueur le plus doué de mon temps, les superlatifs ne manquaient pas à mon égard. J’impressionnais toute l’école à chaque match disputé de par mes performances, et c’est tout naturellement que j’ai été nommé capitaine de mon équipe, entre autres distinctions. J’avais accumulé les titres, comme préfet ou major de promotion. Seul le poste de préfet en chef m’avait été refusé en raison des responsabilités que j’avais sur le terrain. Je faisais tout naturellement la fierté de mes parents, et la disgrâce de mon frère, qui me vouait une jalousie sans bornes. Je vivais ma jeunesse sur les chapeaux de roue, plusieurs filles avaient eu le privilège de s’afficher à mon bras, mais je n’en aimais qu’une seule, et elle était pompon-girl chez les Poufsouffle. De qui je parle? Rhoda, bien sûr. Notre couple durait depuis deux ans environ, mais notre relation était quelque peu chaotique. Nous nous sommes peut-être séparés deux ou trois fois, et pendant ces pauses, j’avais vu d’autres filles. Quelque soit l’endroit où j’aille, j’étais sans cesse entouré, que ce soit de mes amis ou d’admirateurs, je détestais rester seul, bien qu’il m’arrivait de m’isoler à la bibliothèque pour étudier. Néanmoins, je n’oubliais pas de sortir pour autant, et souvent, avec mon équipe ou ma bande, nous allions boire un verre -en fraude- aux Trois Balais, où nous finissions dans un piteux état, les lendemains difficiles et les gueules de bois étaient de mise. Je ne comptais plus les fois où on s’était réveillés dans des endroits incongrus, où on s’était baignés dans le lac noir, même en plein hiver, et il nous est aussi arrivés d’être défoncés, parfois, quand l’un d’entre nous avait réussi à se procurer de la marijuana. Mes parents n’en ont rien jamais su de la vie de débauche que je menais en parallèle, mais je ne me sentais pas coupable. Après tout, j’avais d’excellentes notes, et mon avenir était déjà tout tracé. Je savais quand je devais arrêter, et je ne dépassais jamais les bornes. Puis, mon père n’était pas en mesure de protester d’une quelconque façon que ce soit, puisque sa jeunesse était faite ainsi, peut-être même en pire.

Et à mesure que j’écoutais la rumeur des conversations autour de la table, que les verres s’entrechoquaient alors qu’on trinquait, mon sentiment de fierté grandissait. Je capte le sourire radieux de Rhoda, la réserve de Travis malgré son soutien inconditionnel, et surtout, le regard éperdu d’admiration des autres. Le match s’était achevé quelques heures auparavant, et je nous avais arraché la victoire en soustrayant le Vif d’Or à l’équipe adverse. Bien entendu, le reste de l’équipe avait défendu nos couleurs avec brio, et une fois le score proclamé, j’avais été porté en triomphe jusqu’aux vestiaires. J’étais heureux comme jamais, et je sus enfin ce que ma vie allait être. Je jouerai au niveau professionnel, quoiqu’il m’en coûte. Mes parents ne seraient sans doute pas d’accord, mais j’étais prêt à défendre mes ambitions jusqu’au bout. Je n’avais pas encore dit mon dernier mot. Une clameur anormale s’éleva autour de la table, l’effervescence monta d’un cran. Puis, d’une seule voix, l’équipe se mit à scander. « un discours! Un discours ! » à mes côtés, Rhoda pouffa, tout en serrant ma main dans la sienne. Je me penche sur elle pour l’embrasser, doucement. Les curieux regardaient en direction de notre table. Le barman nous rapporta d’autres chopes de bièraubeurre. On trinqua de nouveau. « Un discours! » Je soupire, blasé. De bonne grâce, je me lève. Je m’empare d’un agitateur, et tape sur le rebord de mon verre. Le tintement cristallin les fit taire, et je vis une dizaine de paires d’yeux se braquer sur moi. Je m’éclaircis la gorge, puis je déclarai enfin, avec une certaine assurance. « Eh bien…Nous sommes ici pour fêter la juste victoire des Serdaigle à ce match. Je voudrais vous féliciter tous et toutes, pour votre prestations. Poursuiveurs, vos passes étaient remarquables. Batteurs, les joueurs adverses ont souffert de vos Cognards. Gardiens, vous avez été d’une efficacité exemplaire, bon nombre de tirs ennemis ont été arrêtés. Nous sommes en bonne marche pour remporter la coupe cette année une fois encore, je compte sur vous pour nous mener une fois encore à la victoire! Nous venons de prouver par A + B que l’amitié et la solidarité, bien plus que les performances sportives ont été le ciment de notre équipe. Aux Serdaigle! À nous tous! » Je lève mon verre à notre gloire, sous un tonnerre d’applaudissements. Les autres usagers du bar nous regardaient, interloqués, mais nous n’en avions cure. De nombreux verres furent descendus ce soir là, et à mesure que l’ivresse nous gagnait, nous étions d’autant plus bruyants. Le week-end suivant, on organisa une virée sur Londres, et on se retrouva tous en boîte malgré le manque d’enthousiasme de Travis. J’accordai une danse à Micaela, et à Jane, les deux filles de l’équipe. Rhoda râla un peu, mais ne fit pas d’esclandre. Vers six heures du matin, complètement saouls, légèrement défoncés, crevés mais en extase, on déambulait le long de la Tamise, assistant au lever du soleil. Je tenais les épaules de Rhoda, qui s’était elle accrochée à ma taille. Nous manquâmes par deux fois de tomber, et ces deux fois, on riait comme les cons que nous étions. Et quand quelqu’un s’arrêtait pour nous fixer, et nous juger qui plus est, alors, je murmurais. « C’est ça la vraie vie, mes gens. La vraie vie. » Mais les conneries durèrent un temps. Bientôt, il a fallu se mettre à bosser pour les ASPIC. En juin, nous décrochions les diplômes. Comme d’habitude, j’avais frôlé l’excellence. Optimal partout, excepté en potions, où je n’avais écopé que d’un acceptable. Mais les potions et moi ne nous sommes jamais aimées, c’était un fait.


Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 12:33, édité 5 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Dim 29 Mai - 22:02

CHAPITRE 3. LA COMÈTE DE WIMBOURNE .
When you're on the edge and falling off, it's all over for you.
THREE DAYS GRACE. IT'S ALL OVER .

Orion? C’est Mira. Réponds au téléphone, putain. Je sais que tu es en train de l’écouter. T’es où? Tu aurais pu laisser une adresse, n’importe quoi. Ça t’écorcherait d’avoir un peu plus de considération pour moi? Je te rappelle que tu t’es engueulé avec Papa, pas avec moi.  Un énième message, laissé sur mon répondeur, que j’efface sans aucun scrupule. Six que j’étais parti de la maison, suite à une dispute avec mon père. Autant dire une éternité. C’était le genre d’engueulade qui dissuadait de revenir, la discorde de trop, celle qui m’avait incité à prendre le large. Je m’affale dans le canapé, chemise négligemment ouverte, écoutant, légèrement hagard, les autres messages. Orion? C’est toujours moi. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre Papa et toi pour que tu nous tournes le dos de la sorte, mais…tu nous manques, Orion. Maman pleure sans cesse ton départ, et je n’en suis pas loin. S’il te plaît, dis nous au moins où tu es, je pense que ça la rassurerait de savoir que tu n’es pas dans la rue. Message effacé. Je soupire. Maintes fois l’envie d’appeler m’avait démangé, mais ma fierté légendaire m’en avait dissuadé. Il ne fallait pas se leurrer. Je n’allais pas faire le premier pas vers la réconciliation. Trop de choses ont été dites ce soir là, trop d’odieuses vérités m’ont été opposées. Voilà ce qu’il en advenait quand on coupait à un oiseau ses ailes. Il n’aurait jamais dû dire ça, jamais. Il devrait le savoir, pourtant, que j’étais rancunier. Je pardonnais difficilement les affronts qu’on pouvait bien me faire. C’était à moi qu’on passait tout, pas l’inverse. Troisième et dernier message de Mira. Le ton changeait. Était-elle en train de pleurer? C’était fort probable. Imaginer mon ange en larmes m’était difficile, moi qui avais tout fait pour la préserver, mais je n’allais pas baisser les armes pour autant. Parce que si j’appelais, elle allait s’empresser de transmettre la nouvelle à mes parents. Et ça, il en était hors de question. Je voulais que mon père abdique, rongé par la culpabilité et les remords. Je n’étais pas une victime, je m’étais improvisé bourreau, bourreau de ces personnes qui m’avaient tant aimé, et qui m’auraient décroché la lune si je leur en avais fait la demande. Seulement, j’avais été blessé dans mon orgueil, et je me sentais obligé de leur rendre le tout au centuple. J’écoute néanmoins la voix brisée de ma sœur, son discours entrecoupés de longs silences pesants. Orion…Mais reviens, putain! Je…je ne dois quand même pas te supplier? Pourquoi tu nous fais ça? T’es injuste. Tu te rends compte que j’ai besoin de mon frère, moi? Écoute…Je danse à Londres, samedi prochain. Représentation officielle. J’aimerais vraiment que tu sois là. T’es même pas obligé de venir me parler après le salut des artistes, ni venir me voir dans ma loge. T’apercevoir, même dix secondes, serait suffisant. Juste pour m’assurer que tu vas bien. Tu sais que je ne peux pas y arriver si tu n’est pas là.  Sa voix se brisa sur les derniers mots, tandis qu’elle raccrochait. Il régnait dans l’appartement un silence pesant. Bien sûr que tu peux le faire, Mira. Tu as ça dans le sang. Que je sois là ou non ne changera rien au problème. Je n’irai pas à ton foutu ballet. Pas si je risque de les croiser, eux. Surtout lui. Je serai avec toi par la pensée. C’est le mieux que je puisse faire.

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« Alors, ça s’est arrangé, avec ton père? » s’enquit Travis, en prenant nos deux gobelets de café, tandis que je tendais un billet de banque au caissier. À défaut de rappeler Mira, comme elle m’avait de nombreuses fois supplié, j’avais préféré rappeler mon vieil ami, que je n’avais pas vu depuis longtemps. Loin de moi la volonté de couper les ponts avec lui, le fait est que les Frelons de Wimbourne prenaient beaucoup de mon temps. Tant et si bien qu’il me restait peu de temps libre. Cela ne me dérangeait pas, j’avais toujours été un travailleur acharné. Et s’abrutir dans le travail était un bon remède contre la culpabilité qui avait fini par me ronger. Je sortis du Starbucks, Travis sur mes talons. Je regarde l’ancien Gryffondor, légèrement contrarié. « non, toujours pas. Et ce n’est pas près de s’arranger. » je déclare, solennellement, en sirotant mon café. Je finis par soupirer, longuement. J’étais las, j’avais l’impression d’avoir vécu trois siècles. Ce n’était que six mois, mais six mois tout de même, une éternité qui s’éternisait un peu trop à mon goût. « En fait, que s’est-il passé entre vous? » La question fatidique. Le sujet qui fâche. À chaque fois que quelqu’un évoquait le sujet, je tentais d’éluder du mieux que je pouvais, mais je n’y parvenais pas toujours. Pourtant, un jour, j’allais inévitablement devoir crever l’abcès. Mettre à plat ces vérités qui dérangent, reconsidérer mon point de vue. Malheureusement, j’étais buté, et je n’étais vraiment pas disposé à fléchir. Je l’avais juré, je me battrai pour défendre mes ambitions, quoiqu’il m’en coûte. « C’est à propos du Quidditch. » je marmonne finalement, un pli contrarié se dessinant sur mon front. Travis, qui marchait à mes côtés, fronça les sourcils. Je bus une nouvelle gorgée de café, frémissant en sentant le liquide me brûler l’intérieur de la gorge. Mon ami se tut, m’invitant tacitement à poursuivre mes explications. Il disposait de trop peu d’éléments pour se permettre de juger. Je me frotte la nuque, nerveusement. « Il ne veut pas que je joue. Et il a bien essayé de m’en dissuader lorsque j’ai voulu signer avec les Frelons de Wimbourne. » il s’en fichait éperdument de mon soi-disant talent. Tout ce qu’il voyait, c’était mon problème cardiaque. On en revenait toujours au même point. Et j’étais lassé qu’on mette ma maladie en avant. J’avais déjà démontré que je pouvais jouer, quand bien même mon cœur pouvait lâcher à tout moment. N’avais-je pas mené Serdaigle à la victoire, pendant tout le temps où j’avais joué au Quidditch? J’avais contribué à l’âge d’or de cette maison, n’était-ce donc pas une preuve suffisante? Apparemment, non. « Quoi? » s’insurgea Travis, en s’arrêtant brusquement. « Tu plaisantes, j’espère? » Si seulement c’était une plaisanterie. Si seulement c’était une foutue plaisanterie. Nous n’en serions pas là, à se tourner le dos et se haïr. « Ai-je l’air de plaisanter? » je m’enquis, avec une certaine gravité. Travis hocha finalement la tête, compréhensif. « C’est du gâchis. Il ne t’a jamais vu jouer. Est-il conscient du potentiel que tu as? » Je laisse échapper un soupir triste, en haussant les épaules. « Il s’en fiche, tu penses bien. Il estime que c’est trop dangereux. Pourtant, j’ai déjà joué, des dizaines de fois. Et il ne m’est jamais rien arrivé. Ils se font du souci pour rien, je vais bien. » Travis ne répondit rien. C’était ironique, quand on y pense. J’étais le petit prodige de la famille, un être ô combien exceptionnel si l’on en croyait les dires des uns et des autres, mais paradoxalement, j’étais le seul qui n’avait rien fait de sa vie. À mon âge, mon père arpentait déjà les routes avec ses amis, et jouait de la musique devant des salles bondées ou en plein air, et ma mère défilait déjà sur les podiums. Ma sœur, quant à elle, était déjà danseuse étoile et avait à son actif de nombreux ballets. Et pour une fois que quelque chose m’intéressait, on me mettait des bâtons dans les roues. C’est à rien comprendre. Et c’était pour cela que j’avais voulu me battre, envers et contre tous, pour pouvoir vivre de ma passion, celle qui était mienne depuis de nombreuses années déjà.

« Monsieur? Excusez moi… » Je me retourne en entendant cette voix féminine, n’étant pas certain qu’elle s’adressait à moi. Je fais désormais face à deux jeunes filles, bras dessus, bras dessous. J’arque un sourcil, tandis que la stupeur s’inscrivait sur le visage des demoiselles. « Vous ne seriez pas le numéro 7 des Frelons de Wimbourne? Orion Bowen-Lloyd? » Ce fut à mon tour d’être stupéfait. C’était bien la première fois qu’on m’abordait de la sorte dans la rue. Le reste du temps, j’avais une vie plutôt tranquille, mon anonymat était encore relativement préservé. Relativement, car il m’arrivait de croiser certains camarades de Poudlard. Et souvent, nous en venions à parler du bon vieux temps, celui où j’étais comme un roi entouré de sa cour. Mais la vie réelle, ce n’était pas comme à Poudlard. Si là bas tout le monde me connaissait, ici, je n’étais personne. Que l’on me reconnaisse en tant que numéro 7 des Frelons de Wimbourne m’apparaissait donc très étrange, c’était probablement là le signe d’une célébrité naissante. Travis et moi échangeâmes un regard en coin, puis je reporte mon attention sur mes deux interlocutrices. « Oui, c’est moi. Comment… » vous m’avez reconnu? Mais je suis incapable de finir la phrase, trop surpris pour ce faire. Déjà, elles étaient en train de fouiller dans leur sac, pour en sortir un papier et un crayon, qu’elles me tendirent. « vous nous signeriez un autographe? » Choqué. C’était peut-être le mot qui résumait le mieux mon état d’esprit. Choqué qu’on me reconnaisse dans la rue, choqué que l’on me demande un autographe. N’était-ce pas l’apanage des célébrités? Travis s’esclaffa devant mon air ahuri. Je mis un moment avant de réagir, puis je m’emparai du stylo et du carnet pour y apposer ma griffe. « On parle beaucoup de vous dans le monde magique. » m’informa l’une des deux jeunes filles. « Il paraît que vous êtes le meilleur joueur qui a été recruté par les Frelons depuis des années. Et à vous voir ainsi, je n’en doute pas une seule seconde. » Le sourire de Travis s’élargit, tandis qu’il me donne une tape vigoureuse sur l’épaule, me la démontant presque. « ça se voit que tu n’as pas lu le journal de ce matin. » confia-t-il, hilare. Le journal? Mais quel journal? Ah, oui, la gazette du sorcier? Non, apparemment, je ne l’ai pas lu. Que devais-je donc savoir, et que je ne sais pas? L’autre jeune fille sortit l’édition de ce matin de son sac, pour me la tendre ensuite. À la une du journal, il y avait ma photo, et un gros titre. les clubs de Quidditch se disputent la Comète de Wimbourne. La Comète de Wimbourne? Je crois bien que c’est le surnom que l’on me donne dans le milieu. Je lus en diagonale l’article. Les Tornades de Thurstill envisageaient de me recruter dans le cadre d’un contrat valant des dizaines de milliers de gallions. La journaliste écrivait que je pesais déjà lourd dans l’industrie du Quidditch, et qu’un talent d’une telle envergure n’avait pas de prix. La rumeur d’un éventuel transfert était sur toutes les lèvres, quand bien même je ne serais pas au courant, mon coach ne m’en ayant pas parlé. Quand j’eus fini de lire, j’étais complètement sonné. Je n’y croyais pas, c’était tout simplement inouï. Tout ceci se tramait dans mon dos sans que je ne sache quoi que ce soit, c’était ça le pire. On parlait même d’éditer une carte de Chocogrenouilles à mon effigie. Une édition limitée de mille exemplaires à travers le monde magique, qui, d’après certains collectionneurs de cartes vaudrait une petite fortune. Et voilà, je songeai, avec un tant soit peu d’amertume. J’étais tombé entre les griffes du système capitaliste, où le profit était la règle. J’étais en colère en songeant aux nombres de personnes qui allaient se faire de l’argent sur mon dos. Je n’étais pas à vendre, que diable! Et vous pensez bien que ce n’était que le début, j’engendrai un réel engouement qui s’amplifia les mois à venir. Si au début je supportais mal cette célébrité nouvellement acquise, à présent je m’en accommodais, et il m’arrivait d’en jouer. Mais toute médaille avait ses revers, et bientôt, comme toute vedette qui se respecte, je fus bientôt éclaboussé par quelques scandales, venus entacher ma réputation jusqu’alors irréprochable.

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De plus en plus, on me reconnaissait dans la rue. On venait me demander des autographes, on parlait de moi dans les journaux. La Gazette du Sorcier traitait même souvent du phénomène que j’étais devenu, et s’interrogeait quant à mon avenir. Les articles biographiques se succédaient, et tout cela me donnait le tournis. Jamais je n’aurais cru être célèbre un jour. Surtout à entendre mon père, qui était persuadé que j’étais un bon à rien. Souvent, il s’était même demandé ce qu’on allait bien faire de moi. Maman disait toujours qu’il fallait être patient, que j’allais un jour me révéler. Je m’étais révélé, et encore une fois, cela ne suffisait pas. Je ne comprenais pas, je crois bien que je ne comprendrais jamais rien. Parfois, je me demandais ce qui avait poussé mes parents à sortir de l’ombre, à sortir dans l’anonymat dans lequel ils avaient été enferrés dès leur naissance. Le désir de gloire, de renommée, peut-être. Être enfin quelqu’un, exister à travers le regard des autres. Être reconnu pour ce que l’on fait. Peut-être pour combler justement ce manque cruel de reconnaissance. Pour cesser d’être invisible aux yeux des autres, comme pour dire coucou, je suis là. Mais à mon sens, la célébrité n’était pas un but en soi. Elle n’était qu’accessoire, elle n’était pas indispensable au bonheur. Au contraire, elle le fanait, elle le gâchait. Parce qu’être sous le feu des projecteurs supposait être sous pression. L’on se faisait un point d’honneur à être irréprochable, aucun défaut ne transparaissait, nous étions comme des statues de marbre, figés sur papier glacé. Pour apprécier la célébrité, il fallait l’avoir vécue depuis son plus jeune âge. Et encore. Cela n’était pas toujours acquis. Car la célébrité devient rapidement agaçante. Ne plus pouvoir mettre le pied dehors sans risquer de se faire harceler par une horde de paparazzis ou de fans désireux d’approcher leur idole de trop près. Être célèbre, c’est ne plus pouvoir se déplacer sans ses gardes du corps, parce que notre sécurité s’en trouve rapidement menacée. On devient accro aux lunettes noires, on se montre aux soirées chic et choc, on surveille ses fréquentations, parce qu’un scandale est si vite arrivé. Mais on a beau être irréprochables, les gens resteront quand même à l’affût du premier détail morbide qui vient, justement parce que ce n’est pas humain d’être aussi proche de la perfection. Il y a forcément un truc.

J’ai été rapidement catalogué parmi les personnages sulfureux. On me prêtait maintes relations avec la gente féminine, mais dans les faits, il ne se passa rien. Le grand feuilleton de l’époque concernait ma relation avec Rhoda. Rhoda, vous vous souvenez, c’était ma copine de Poudlard. Celle avec qui je suis resté un ou deux ans. Avec ma célébrité grandissante, nous avions pourtant veillé à rester discrets, pour que notre histoire ne soit pas étalée dans les journaux à scandales. N’ayant jamais vécu telle situation, je ne savais pas trop comment m’y prendre. Et je voulais être davantage reconnu comme un joueur de Quidditch de talent, que comme un coureur de jupons, ou que sais-je du même acabit. Ayant un physique plutôt avantageux, il fallait dire que j’étais souvent sollicité par la gente féminine. Cela avait attisé la jalousie de Rhoda. La première vraie crise de confiance de notre couple. C’est là que nous avons compris que nous ne resterions pas ensemble encore longtemps. Quoiqu’il en soit, les journaux s’en délectaient, bien que notre couple périclitait. On me prétendait infidèle et instable dans mes relations amoureuses. J’avais hérité de cette image de Casanova qui ne m’allait pas réellement. Quand je lisais les articles de journaux, je me disais mais, ce n’est pas moi! Et plus j’avançais, plus que je me rendais compte que les médias avaient créé un personnage qui différait en tous points de ce que j’étais réellement. J’eus beau m’exprimer, pour tenter de rétablir un semblant de vérité, rien n’y faisait. Mes propos étaient déformés, répétés, amplifiés, et alimentaient la presse à scandale. Rhoda se faisait elle aussi harceler par les paparazzis. Ce qui devait arriver arriva. Un jour, nous avions fini par rompre, ni plus, ni moins. L’annonce de notre rupture fit évidemment le tour des journaux, et, les ragots s’essoufflèrent d’eux-mêmes, après avoir perduré un long moment encore. Mais le mal était fait. Nous nous étions séparés en très mauvais termes. J’eus mal, pendant un temps. Mais l’essentiel était de ne rien laisser paraître. J’ai continué à jouer au Quidditch, motivé comme jamais. J’oubliais ma peine de cœur en me dépensant sur le terrain. J’accumulai encore quelques belles réussites. Tout semblait aller pour moi. Mais ce n’était qu’une apparence. Parce que j’avais aussi un talent inné pour tout foutre en l’air.

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Aujourd’hui se jouait un match décisif. Parce que ce match allait marquer un tournant dans ma toute jeune carrière. J’allais pouvoir monter plus haut encore, montrer toute l’étendue de mon talent pour pouvoir peut-être l’exporter ailleurs. J’aurais dû poursuivre sur la même lancée, j’aurais dû viser toujours plus loin, toujours plus fort. J’aurais pu avoir une grande carrière si je l’avais voulu. Mais voilà, dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut, quand bien même on y aurait mis tout notre cœur, toute notre âme, toutes nos tripes. Parce que le destin, sous certains aspects pouvait se montrer tellement capricieux. J’étais jeune, j’étais con. J’avais des rêves plein la tête, de l’ambition à revendre. Une ambition qui m’avait coûté ma relation avec mon père. Mais toute gloire, à un moment donné, venait réclamer sa rançon. Parce que rien n’était gratuit. Ce soir là, en me changeant dans les vestiaires du stade, je n’augurais pas les aléas du destin. Je pensais que cela n’arrivait qu’aux autres, que j’étais exempt de tout ça. Je pensais que ce match ne serait qu’un parmi tant d’autres, je me voyais aussi champion en titre. Je nous voyais brandir la coupe du tournoi, comme j’avais brandi la coupe des quatre maisons pendant mes années Poudlard. Oui, je m’imaginais toujours au sommet, même des années après, jamais je n’envisageais la possibilité d’une prochaine déchéance. J’avais tant désiré sortir du lot, je m’étais tant battu pour cela, que je n’imaginais pas que tout ceci pouvait partir en fumée, d’un simple claquement de doigts. Surtout que la porte du vestiaire venait de s’ouvrir brutalement, laissant entrer notre coach. « Bowen-Lloyd, je veux te voir sur le terrain d’ici cinq minutes, je dois te parler. Les autres, vous allez vous échauffer, et que ça saute! Je veux vous voir briller! » Comme d’habitude, il était de mauvaise humeur. Mais j’ignorais pourquoi il en avait après moi tout particulièrement. Je soupire, tout en finissant de m’habiller. J’entendais déjà les clameurs provenant des tribunes. Nos supporters guettaient notre entrée avec grande impatience, prêts à nous acclamer. Mon cœur se mit à battre plus fort dans ma poitrine, tandis que le trac commençait à se faire sentir. J’étais toujours stressé avant le match, mais ces quelques laborieuses minutes étaient oubliées sitôt que j’enfourchais mon balai pour décoller dans les airs. L’air, mon élément. Insatiable rêveur que j’étais, il devenait urgent que je reprenne contact avec la réalité. Mais c’était tellement bon de rêver…

Je sortis à mon tour du vestiaire. Les autres gars étaient d’ores et déjà en train de s’échauffer. Je m’approchai prudemment du coach, m’attendant à subir ses foudres. Il est vrai que j’avais tendance à jouer un peu perso, mais était-ce un crime pour autant? Je m’en étais plutôt bien tiré jusqu’à présent. « Bowen-Lloyd, Orion, mon garçon, viens par là. » Il me prit par les épaules, avant de nous emmener plus loin. « Tu vois le sorcier tout vêtu de violet? C’est le recruteur des All-Stars de Sweetwater. Une équipe américaine, qui vient tout droit du Texas. Il vient régulièrement faire le tour de l’Angleterre et de l’Irlande pour repérer les jeunes talents. Je n’irai pas par quatre chemins en disant que tu l’intéresses. Enfin, si tu pouvais être médiocre, ça m’arrangerait. » dit-il en me donnant une vigoureuse tape sur l’épaule. « Je n’ai pas envie de voir mon meilleur joueur partir. » Et c’est là que je compris que malgré qu’il soit dur au possible avec moi, il tenait tout de même à moi. Je lui adressai alors un sourire ému, alors qu’il me poussait déjà vers le terrain. « Allez, vas jouer! Fais honneur aux Frelons pour la dernière fois! » je lui adressai un signe de tête entendu, puis je me dirigeai d’un pas gauche sur le terrain, balai sur l’épaule. Lorsque j’entrai dans le stade, je fus presque ovationné. Tant et si bien que j’en sursautai. Je ne pus que m’entraîner succinctement, avant que l’arbitre ne siffle le début du match. À son signal, tous les joueurs décollèrent. Le match pouvait commencer. J’étais déjà à l’affût du Vif d’Or, bien que je savais pertinemment qu’il n’avait pas encore été lâché. Je surveillai alors les allers-retours du Souaffle, tout en prenant soin d’éviter les Cognards. Au bout de presque un quart d’heure de match, un gigantesque exclamation de joie retentit. Les Frelons venaient de marquer un but, ce qui faisait que nous menions pour l’instant de dix points. Je fis un looping pour témoigner ma joie à l’occasion de l’ouverture du score, avant de filer faire quelques tours de terrain, prêt à attraper ce qui allait nous permettre de remporter le match. Bientôt, on entendit des huées. L’équipe adverse venait d’égaliser. « Bowen-Lloyd, attention! » m’interpella un des batteurs de mon équipe, alors qu’il fonçait droit vers moi, batte brandie droit devant lui. J’eus tout juste le temps de m’écarter: j’avais senti le Cognard me siffler aux oreilles. Lewis s’arqua en arrière, et frappa de toutes ses forces. La lourde balle de fer fut renvoyée ailleurs. « YOUHOU! » s’exclama mon coéquipier, avant de me faire un High five et de filer, au cas où il y aurait un autre joueur à sauver. Les Frelons de Wimbourne marquèrent un nouveau but, sous un tonnerre d’applaudissements. Richard nous hurlait des indications au moyen d’un mégaphone aussi violet que la robe du sélectionneur américain. Le commentateur, quant à lui, s’en donnait à cœur joie. Walterson renvoie le Souaffle à Howard, Howard fait une passe réussie à Sullivan, et SULLIVAN MARQUE! MES AMIS, FAITES UNE HOLA POUR DEREK SULLIVAN, QUI PERMET D’ELEVER LE SCORE A 20 POUR LES FRELONS DE WIMBOURNE!  HIP HIP HIP Hourra, s’exclama la foule en délire, tandis que je continuais à faire mes tours de terrains. Le vent me sifflait aux oreilles, l’adrénaline montait dans mes veines par vagues successives. Je savais que dès lors que j’apercevrais ce minuscule éclat doré, je serai prêt à le pourchasser, jusqu’à ce que mon poing ne se referme sur ses ailes fragiles. Je ne me sentais vraiment pas bien, mais je ne m’en préoccupais guère, je pensais vraiment que cela allait passer. Mais j’éprouvais de plus en plus de difficultés à rester concentré, j’étais bientôt obnubilé par ce mal qui venait de nulle-part. Ou si, je savais pertinemment d’où cela pouvait venir. Mais je m’y refusais. Je voulais être plus fort que ça, je ne voulais pas donner raison à mon père qui pensait que j’étais inapte pour le Quidditch. Il y avait ce sélectionneur américain qui plus est. Et pourtant, un éclair fulgurant me traversa la poitrine, me faisant lâcher le manque de mon balai, qui fit une violente embardée. Les commentaires quant à eux, allaient bon train. Mais que se passe-t-il? Regardez donc, n’est-ce pas le numéro 7 des Frelons de Wimbourne qui éprouve de plus en plus de difficultés à suivre une trajectoire stable? Le voilà qui vient de percuter le numéro trois de l’équipe adverse, qui vient d’être éjecté de son balai! Non! Bowen-Lloyd vient de chuter à son tour! L’attrapeur des Frelons de Wimbourne est en grande difficulté…Mais par Merlin, allez donc l’aider! aboya-t-il à l’adresse des médicomage dépêchés sur place. Non! Laissez moi continuer encore un peu…Mais mes prières furent vaines, je chutais encore…puis je heurtai brutalement le sol, perdant connaissance. Le chemin vers la gloire était long et laborieux, mais il suffisait d’un rien pour que tous nos efforts soient anéantis. Ce soir, je venais de signer la fin de ma carrière, et ce quand bien même elle aurait si bien commencé.


Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 12:32, édité 3 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Mer 8 Juin - 21:27

CHAPITRE 4. LAURA .
You were once a friend to me, now you are my enemy. Passion turns to hate and you make
hate worth fighting for.
SCORPIONS. LOVE IS WAR. .

Puis, il a fallu avancer. Ne pas s’arrêter au premier échec. Se dire que l’on était jeune, et qu’on pouvait encore faire quelque chose de sa vie. Malgré ce corps cassé, malgré ces rêves brisé, malgré l’impression qu’on ne contrôlait plus rien. Il fallait cesser de se morfondre, et reprendre sa vie en main. Il en allait de notre survie, mais aussi de notre santé mentale. À force de tourner en rond, à se morfondre, à se poser les mauvaises questions, en se reprochant l’une chose et l’autre, à se demander où ça a pu foirer dans notre vie, il y avait de quoi se tirer une balle dans la tête. On pouvait décréter qu’on en avait assez de vivre. Mais c’était égoïste. Parce que nombreux étaient ceux qui ne le pouvait pas. Alors, on survivait. On tentait de faire une croix sur ce que l’on avait vécu, pour commencer une nouvelle vie. La mort, puis le recommencement. Je ne pouvais plus jouer au Quidditch, depuis que j’étais tombé comme une mouche en plein match. Mais il fallait bien que je fasse autre chose. Ne serait-ce que pour gagner ma vie. Occuper mon temps libre paraissait accessoire. Alors, j’ai réfléchi. Comme un étudiant qui sortait de Poudlard. Je suis parti en France. À Paris, très exactement. Pour me ressourcer. Et parce que j’aimais la France. J’aurais pu faire le tour de l’Europe, comme ça, pendant longtemps. Mais je n’avais pas le premier sou pour m’installer où bon je le voudrais. Je déambulais dans les rues de Paris. Je pensais. J’écrivais. Je dessinais parfois. Je m’imprégnais de Paris la Romantique, de sa surpopulation, de ses embouteillages, aussi. De ses rencontres parfois insolites. Puis, je suis rentré au bercail. Parce qu’il a bien fallu que je rentre un jour. Je ne pouvais pas rester chez mon oncle toute ma vie. Plus encore, je suis rentré avec un projet en tête. Je n’avais pas encore vingt ans, toutes les portes ne m’étaient pas fermées. Il ne tenait qu’à moi de les ouvrir, et de les franchir. J’ai franchi celles du Ministère de la Magie en ce mois de Septembre, renonçant d’ores et déjà à l’été indien qui s’installait sur la capitale londonienne. C’était réellement la première fois que je venais, et les lieux, d’emblée, me parurent impressionnants, tout comme Gringotts lorsque je l’avais visité pour la première fois. Je savais précisément ce que j’avais en tête, ce à quoi je voulais accéder désormais. J’accédai au département de la justice magique, non sans retenir mon souffle. Derrière ces portes, mon futur se jouait. J’avais un entretien avec le responsable du recrutement des futurs Aurors. Je soupirai légèrement. Là au moins, mon père ne pourra pas dire que ce n’est pas un métier.

« Oui, c’est pourquoi? » fit la secrétaire, d’une voix haut perchée. Je la toisai quelques instants. C’était une jeune femme blonde, aux lunettes carrées qui lui donnaient un air sérieux. Elle était maquillée très sobrement. Et elle était plutôt jolie. Mais ce n’était pas pour faire des rencontres que je voulais me lancer dans une telle formation. Mes motivations étaient toutes autres. J’étais excellent en défense contre les forces du mal, sortilèges & enchantements, ainsi qu’en métamorphose, pourquoi je n’utiliserais pas ces capacités pour rendre service à la communauté, en traquant sans relâche ceux qui risqueraient d’en compromettre la tranquillité? Cela impliquera sans doute un retour aux manuels scolaires, mais qu’importe. Cela me ferait presque plaisir de revivre l’époque Poudlard, où il importait d’étudier pour avoir des bonnes notes. « J’ai rendez-vous avec le chef des Aurors. Puis-je? » Elle plissa les yeux. Me regarda de haut en bas. Devait se demander si j’étais sérieux. Pinça les lèvres. Puis, elle disparut derrière son comptoir. Déjà, elle composait un numéro sur une espèce de clavier. Rien qui, en tout cas, ne ressemblait à quelque chose de connu. « Je vais voir ce que je peux faire. » commenta-t-elle d’une voix neutre. « Allez vous asseoir là bas. On viendra vous chercher. Il se peut qu’il y ait du retard, Monsieur est très occupé. » J’hochai la tête, compréhensif. Cela m’importait peu d’attendre cinq minutes ou bien une heure. J’avais du temps à tuer, je ne faisais rien de ma vie. Ce n’était pas comme si j’avais un rendez-vous urgent, ou si je profitais d’une pause dans mon travail pour faire un saut ici. Bon gré, mal gré, je m’assis dans l’un des fauteuils rembourrés. Cela changeait singulièrement des chaises en plastiques qu’il y avait dans la plupart des salles d’attente. Ceux là avaient le mérite d’être confortables. Je m’emparai alors d’un magazine qui traînait sur la table. Puis, mon regard fut captivé par la Une d’un vieux journal. Ma photo se trouvait en tête de gondole, en compagnie de la belle Rhoda, mon premier amour. J’attrapai le journal, comme pour lire le tissu d’inepties que l’on pouvait raconter à mon propos. En lisant ces quelques lignes, qui étalaient le feuilleton de notre vie sentimentale aux yeux du grand public, je fus presque pris d’un élan de nostalgie, comme si je regrettais ma vie d’avant. D’étoile montante du Quidditch, supernova, devrais-je dire, j’étais à présent un illustre inconnu. Le monde magique m’oubliait, à mesure que je renouais avec mon anonymat, ma tranquillité, mais aussi ma solitude. « Orion Bowen-Lloyd? » appela une voix tonitruante, qui résonnait dans le vestibule. Je me redressai brusquement, comme si je venais de me brûler, jetant sans ménagement le journal qui rebondit sur la table dans un bruit mou. Le portrait devant moi me jeta un regard courroucé: ce n’est pas comme ça qu’on traite le matériel. Je me levai finalement, sans oser répondre un maigre oui, c’est moi, qui sur le moment aurait été fort inutile, voire carrément obsolète. Ou tout bonnement inapproprié. « Veuillez me suivre ». Dit-il, en s’enfonçant dans les abysses de son bureau. Que fis-je alors? Je le suivis.

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Ce jour là, j’étais, fidèle à mes habitudes, arrivé en avance au Ministère. Non pas par excès de zèle, mais simplement pour avoir le temps de me poser, et de boire un café. J’étais attendu dans le bureau de mon supérieur pour dix heures tapantes. Étant encore en formation, formation qui devait durer près de trois ans, je ne m’attendais pas à ce qu’il me confie une mission de la plus haute importance. J’étais encore inexpérimenté, ce serait du suicide si on m’envoyait maintenant chasser les mages noirs. Ne sachant pas comment m’habiller, j’ai préféré opter pour une solution des plus simples: j’avais revêtu la robe de sorcier qui me servait habituellement dans le cadre de ma formation. Au premier coup d’œil, on m’identifierait ainsi comme étant le petit nouveau. Le bleu, comme m’appelaient les plus anciens. À l’heure dite, je toquai à la porte du bureau, sous le regard peu amène de la vieille secrétaire. La jolie blonde avait été remplacée il y a quelques semaines auparavant, pour cause de congé maternité. C’était tout de même impressionnant de voir que malgré tout, la vie continuait. « Entrez! » m’intima la voix de mon supérieur. Alors, brave petit soldat obéissant, j’entrai. Le chef des Aurors était derrière son bureau. Tout paraissait normal, jusque même l’expression de son visage. Rien ne pouvait laisser présager qu’il allait m’engueuler, ou bien me virer pour incompétence. C’est alors que je la vis. Elle. Cette fille aux longs cheveux bruns et à la peau mate, ayant probablement de lointaines origines hispaniques. Je lui jetai un bref coup d’œil avant de m’asseoir sur la chaise qu’il m’avait précédemment désignée. L’auror croisa les bras, et nous toisa l’un après l’autre. « Vous savez que dans le cadre de votre métier, vous serez amenés à exercer en équipe. Parfois en tandem, par groupes de trois ou quatre, peu importe. Dans tous les cas, il est nécessaire que vous appreniez à travailler en équipe. Orion, voici votre nouvelle partenaire. Mademoiselle Laura Bratford, qui est arrivée peu de temps avant vous. Vous serez amenés à travailler sur certaines missions ensemble. » Je jaugeai ma nouvelle partenaire du regard. La dénommée Laura était indéniablement belle, et son regard laissait suggérer quelque chose d’autant sombre que mystérieux. Je savais d’ores et déjà qu’elle allait me plaire. Mais j’ignorais encore à quel point.

D’emblée, Laura s’était imposée comme étant le chef de notre petit duo. J’avais haussé les épaules, n’ayant apparemment pas mon mot à dire: étant là depuis un peu plus longtemps que moi, il apparaissait donc logique que ce soit elle qui commande. Mais cela m’importait peu. Quand bien même j’aurais la personnalité d’un meneur, je savais m’écraser quand il le fallait, étant d’un naturel relativement conciliant. Certains pouvaient y voir comme une faiblesse de ma part, et ils n’auraient pas foncièrement tort. Je m’aperçus bientôt, et à mon grand dam, que je ne pouvais rien lui refuser. Oui Laura, très bien Laura, pas de problèmes Laura, amen Laura. Et elle était apparemment consciente du pouvoir qu’elle avait sur moi, puisqu’elle en usait et en abusait. Tout naturellement, ou presque naturellement, j’en viens à tomber amoureux d’elle, de sn regard, de son rire, de sa voix. C’était un amour puissant et dévastateur, une passion qui me consumait de l’intérieur. Une passion qui prenait tout son sens lorsque nous nous retrouvions sous les draps, nous aimant d’étreintes passionnées et torrides. J’avais pourtant tenté de résister: on ne mélangeait pas vie personnelle et vie professionnelle. Mais le fait est que je pouvais faire l’amour à cette femme autant de fois qu’il serait nécessaire, jamais mon désir d’elle ne serait assouvie. Notre romance torride et passionnée dura pendant près de six mois, au point même que j’avais envisagé de la demander en mariage. À cet effet, j’avais projeté de nous emmener à Paris, cette ville chère à mon cœur, afin de profiter de vacances bien mérité. Amoureux et stupide, je m’étais rendu à l’aéroport, attendant ma dulcinée. J’avais ignoré les avertissements de Mira, qui me répétait à longueur de temps qu’elle allait finir par me briser le cœur, que ce n’était pas une femme pour moi. Mais j’ignorais toutes ses dires, persuadé que Laura était l’amour de ma vie. Peu importait que ma famille ne l’aimait pas, qu’ils pensaient qu’elle ne me rendait pas heureux. Au contraire, je n’avais jamais été aussi heureux qu’avec elle. Mais c’est à croire que nous ne devions pas aller à Paris. J’avais attendu de longues heures, m’imaginant sans doute qu’elle avait été retardée par le boulot, ou que sais-je du même acabit. Au bout de ces heures interminables, je dus pourtant me rendre à l’évidence, cette cruelle évidence: elle ne viendra pas. J’aurais beau attendre des jours entiers, cela ne changerait rien au problème. Laura m’avait lamentablement plaqué, elle était partie avec un autre. Et cet autre n’était autre que mon frère. Mon connard de frère s’amusait à sauter ma copine, et bon dieu, cette rupture m’avait laissé un goût amer sur le bout de la langue. Mais pire encore, l’absence de Laura avait engendré un gouffre béant dans ma poitrine, un abîme qui, je l’étais persuadé, ne serait jamais comblé. J’avais tout simplement sombré, connaissant une nouvelle période de déroute et d’incertitudes. Répéter à longueur de temps qu’elle était une salope et qu’elle m’avait bien eu ne servirait à rien, elle ne reviendrait pas pour autant. Alors, comme pour combler cette solitude que je ne supportais plus, je m’étais mis à boire. Un verre, pour me sentir bien. Deux verres, pour oublier. Trois verres, pour passer le temps. J’allais au boulot avec la gueule de bois, parfois encore un peu ivre, et je revenais pour me saouler encore plus. Mira m’aidait autant qu’elle le pouvait, ayant pris conscience de mon état plus rapidement que les autres, qui ne voyaient rien. Elle n’avait pas eu besoin de me dire tu vois, je te l’avais dit. je le devinais dans son regard chargé de reproches. Pourtant, elle ne disait rien, elle ne jugeait pas. Elle se contentait de venir me voir, d’essayer de me parler. Jusqu’au jour où elle explosa. « bon, Orion, j’en ai ras-le-bol. Mais regarde-toi! Tu es devenu une vraie loque humaine. T’as même pas trente ans, et tu es déjà alcoolique et dépressif! Mais bon sang, réagis! Si tu te voyais…Fini le whisky après le boulot. À cet effet, je vais confisquer toutes tes bouteilles, et tu seras défendu d’en racheter d’autres. Il est temps de te reprendre en mains, mon frère. Et si la méthode douce ne fonctionne pas, tu auras droit à la manière forte. C’est-à-dire, à coups de pieds au cul! Tu ne vas pas laisser cette pouffiasse ruiner ta vie, quand même? Allez, du nerf! Commence par ranger tout ton bordel, ça devient innommable. Et que ça saute! » Je reçus encore de nombreuses tirades du même genre, toutes destinées à me remettre dans le droit chemin. Mais pourtant, ce n’était pas suffisant. Ce ne sera jamais suffisant, pour combler le vide que Laura avait laissé en moi. Alors, je me laissais sombrer encore plus, perdant contact avec la réalité. Je m’étais enveloppé dans mon cocon obscur, tissé d’angoisses et de névroses. Un cocon dans lequel j’étais si bien, et que je n’envisageais pas de quitter pour l’instant. Sauf pour aller travailler, seule activité susceptible de me faire oublier le manque qui me rongeait de l’intérieur.

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Je ne supportais plus les dîners avec mon frère et Laura. Je ne supportais plus de voir cet immonde connard la prendre dans ses bras et l’embrasser. Le tableau était, en soi, pathétique au possible. Nous avions l’air d’une famille, ainsi réunis. Maman, Papa, avec qui c’était encore relativement tendu, et Mira, qui lançait des piques acérées à Laura. Je crois bien que ma sœur n’aimait pas celle qui avait été ma compagne. Jamais je n’aurais admis, fier comme j’étais, qu’elle avait finalement raison. Je ne supportais plus toute cette comédie. Un goût de sang m’était resté dans la bouche, tandis que je gratifiais le petit couple d’un regard noir. Une sorcière et un moldu, que c’est triste. Avait-il seulement conscience que Laura, aussi désirable soit-elle, était comme moi, avec les mêmes foutus pouvoirs magiques. Et dois-je seulement lui rappeler qu’il avait méprisé ma condition, la considérant comme une tare? C’était pitoyable de constater à quel point il pouvait retourner sa veste afin de servir au mieux ses intérêts. Et voilà que Laura s’esclaffe, et embrasse Rigel à nouveau. Leurs voix se font lointaines, alors que je suis dans un état second. J’ai déjà bu trop de vin, et je m’apprêtais à en vider un autre verre. Je n’en ai pas le temps, le verre se brise dans ma poigne. « Tout va bien, Orion? » me demande Mira, me fixant de ses grands yeux bleus. J’hoche la tête, vigoureusement. La douleur me lance la peau. Je m’étais coupé, et au creux de ma paume, le sang coulait. Je me lève brusquement, attirant l’attention de tout le monde. Rigel tente de minimiser les choses, mais ne fait que me provoquer. « Ce n’est rien, ce n’est qu’Orion qui pète les plombs. On a l’habitude, c’est un impulsif. Pas vrai petit frère? » Je serre les poings, puis monte les escaliers quatre à quatre. Mira sur les talons. Je fonce vers le lavabo, pour m’y appuyer. J’inspire. Je souffle. Je tente de me calmer, mais rien n’y fait. J’ai les nerfs en pelote, j’ai envie de tout casser. Mira se faufile dans la salle de bains et ferme la porte derrière elle. Elle s’approche de moi, et prend ma main dans la sienne. « Laisse le, Orion. Tu sais qu’il passe son temps à t’asticoter, et toi, tu lui donnes raison en réagissant. » Je retire prestement ma main, d’un geste colérique. Mira sursaute. Mon cœur battait à tout rompre. Il s’emballait, il palpitait. Comme à chaque fois que je ressentais une émotion trop forte. Je serre le bord du lavabo, de toutes mes forces. Mira s’appuie sur mon dos, et pose sa tête sur mon épaule. Je sais bien qu’elle cherche à me réconforter, mais elle m’énerve davantage. « Fiche moi la paix. » je siffle, agressif. Mira ne réagit pas. Elle frictionne mes épaules d’un geste rassurant. « éloigne toi de moi, bordel ! » je crie, la faisant sursauter. Elle me lâche, comme si elle s’était brûlée. Mais elle avait compris. Elle avait compris que, lorsque je parlais ainsi, moi qui étais toujours correct, toujours poli, c’est que j’étais proche du point de rupture. Elle s’assit sur le bord de la baignoire, et croise les bras sur sa poitrine. Son visage se ferme. Ses prunelles azur s’assombrissent. « Tu dois aller de l’avant, Orion. Je sais que ce n’est pas facile en ayant cette poufiasse -excuse moi du terme, mais c’est exactement ce qu’elle est- filer le parfait amour avec Rigel, mais elle t’a oublié. Tu dois l’accepter, et cesser de te tuer pour elle, elle ne te mérite pas. » Elle avait raison. Comme toujours. Mais plutôt crever que l’avouer. Mira s’approche de moi, avec prudence. « Allez, on y retourne. Et si ça peut te faire plaisir, je ne la veux pas comme belle-soeur. » sa remarque futile me fait sourire. Je laisse un baiser affectueux sur son front. Elle prend ma main blessée pour constater les dégâts. Je grimace. « Oh chochotte! Je suis sûre que ce n’est rien du tout. On va soigner ça, et tu seras comme neuf. » Cette blessure avait beau être anodine, à en croire ma sœur, doctorante ès médicomagie, quelques minutes plus tard, un bandage m’entourait la main. Elle me pressa l’épaule affectueusement. « Allez. Calme toi. Et tâche de ne pas faire de meurtre, ça ferait désordre. » Je hausse les épaules, avant de me ruer hors de la salle de bains. « T’as raison, Mira. J’ai assez massacré de verres comme ça. La prochaine fois, je la massacrerai elle. » Grands dieux. Je ne croyais pas si bien dire en proférant cette menace.

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Il faisait presque nuit. Et la nuit, en ce moment, était des plus agréables, en particulier en raison de la légère brise qui me caressait la peau. J’étais parti pour rentrer à la maison. Mais la tâche s’avérait plus compliquée que prévu. Parce que j’étais ivre. Parce que je titubais. Et surtout, je n’avais plus les idées très claires, tant et si bien que je me demandais encore où j’allais de la sorte. Ce n’était visiblement pas la route qui menait vers la maison. Tous les chemins mènent à Rome, disait-on, alors, je poursuivais la même direction, sans trop m’inquiéter. J’aurais largement le temps de me faire du souci lorsque je me serai réellement paumé, et quand je serai incapable de retrouver mon chemin. L’air absent, je longeais la Tamise, manquant de me rétamer à chaque pas. J’éprouvais une certaine rancœur envers le barman qui m’avait foutu dehors alors que je n’avais pas tant bu que ça. Certes, j’avais commencé à m’énerver contre un autre client du bar parce qu’il avait osé me regarder de travers. Mais je n’avais rien fait, je persistais à croire à mon innocence. Je dus m’appuyer contre la rambarde du pont pour ne pas tomber, même ivre mort, je n’avais aucune envie de mourir noyé. En tant qu’ancienne star du Quidditch et Auror accompli, je pouvais au moins prétendre à une digne fin, si ce n’était pas trop demandé. De nouveau, l’envie de boire se fit sentir. Je n’étais pas encore assez ivre, il fallait que je me saoule un peu plus. Me saouler pour oublier, pour envoyer tout le monde se faire foutre, renier les conventions et la bienséance, libérer la bête qui était en moi. Je me fichais bien qu’un paparazzi pouvait éventuellement être à mes trousses, et qu’il puisse publier des photos compromettantes. Je n’avais de comptes à rendre à personne. J’étais en pleine déroute, et personne n’était supposé me suivre dans ma propre déchéance. Quitte à m’enfoncer dans l’abîme, je m’y enfoncerai seul. Je titubai encore, avant d’éclater de rire. Je devenais une loque humaine et ça me faisait rire. Mais je les emmerdais tous, tous autant qu’ils étaient. J’emmerdais Laura. J’emmerdais Rigel. J’emmerdais mon père. Mais je n’emmerdais pas Mira. Ni même Maman. À dire vrai, elles étaient les deux seules personnes qui comptaient vraiment, quoique l’on en disent. Les autres pouvaient crever…oh que oui, les autres pouvaient crever, cela ne m’émouvrait pas outre mesure.

Une violente douleur me transperça la poitrine de part en part. j’en eus le souffle coupé. Je m’étais violemment cambré en arrière, alors qu’un fin voile de sueur me couvrait le fond. Je regardai le ciel, pour baisser aussitôt le regard, comme aveuglé par la lumière du jour. Et le monde tanguait, tanguait, comme une espèce de toupie infernale. Arrêtez le monde, je veux descendre scandait-on en Mai 1968. « Repéré ivre mort, Orion Phoebus Bowen-Lloyd, mon très cher frère. » m’accueillit une voix extrêmement moqueuse, tandis que Rigel s’approchait, triomphant comme jamais. Je dardai sur mon frère un regard venimeux, empli de haine. Je n’arrivais pas à croire que malgré tout nous étions du même sang, tant nous étions différents, aussi vindicatifs l’un envers l’autre. Frères…C’était impossible. Un frère, ça ne passe pas son temps à vous pourrir la vie. Certes, ça taquine un peu, mais ça n’allait jamais plus loin. Un frère, ça ne vous pique pas votre petite-amie. Un frère, ça ne vous provoque pas alors que vous êtes dans un moment critique. Au contraire, il fera tout pour vous aider. Une bouffée de colère s’empare de moi, alors que je me rue sur Rigel, toutes griffes dehors. « TU-N’ES-PAS-MON-FRERE! » je hurle, faisant se retourner plusieurs passants qui à présent nous regardaient, interloqués. Mon cœur se compressait dans ma poitrine, alors que je manquais d’air. Vite! Il fallait que je respire. Que je me calme, sinon j’allais littéralement faire un massacre. Cela faisait trop longtemps que j’accumulais toute cette rancœur, il fallait que ça sorte, que ça fasse bang, que ça éclabousse, que ça ravage tout sur son passage, que ça anéantisse tout ce que je voulais voir détruit, mort, et enterré. Mais mes mots, bien que violents, ne semblaient pas atteindre mon frère, qui les prenait avec désinvolture. Mieux, il en riait, comme on ne pouvait pas prendre au sérieux un homme ivre, plus très sain d’esprit qui plus est. « Bien sûr que si. Tu ne te rappelles donc pas? Nous avons les mêmes parents. La même sœur. La même maison. Le même sang. Et apparemment depuis peu, la même copine. » Laura. Ma belle Laura. Ma raison de vivre. Envolée, évaporée. Comme les effluves d’alcool qui allaient finir par se diluer dans mon sang, se répandre dans mes veines. La douleur transparaît dans mon regard clair, et je ne cherche plus à la cacher. Rigel l’a vue, et il remue allègrement le couteau dans la plaie. Comme si je ne souffrais déjà pas assez de cette rupture, comme si j’avais déjà oublié le goût amer qu’elle m’avait laissé sur le bout de la langue. « Laura m’aimait. » je rétorquai, d’une voix rauque. Je me rendais compte à quel point je devenais lamentable quand on venait à parler d’elle. Moi, raide dingue amoureux, et elle qui n’en avait rien à foutre. « Elle m’aimait, et elle allait devenir ma femme. » je répétai, avec conviction. Triste sire que j’étais. J’aurais damné mon âme pour elle. J’aurais pu tout lui donner, lui offrir. Fleurs, parfums, bijoux. Exaucer le moindre de ses désirs. Mais ce n’était pas suffisant. Ça ne serait jamais suffisant. Parce qu’elle aimait Rigel. Et l’admettre me faisait mal. Laura, ô Laura. Comment as-tu pu te fourvoyer à ce point?

Laura, Laura, reste là, je vais te sauver. Rigel, c’est le Mal, le Mal absolu. S’il devait choisir entre sa réussite et toi, son choix était tout fait…Et tu ne pouvais pas espérer compter parmi ses choix…Reviendrais-tu seulement vers moi? J’en doute. Parce qu’en réalité, tu es une femme égoïste, tu ne sers que tes propres intérêts. Les autres n’existent pas, ont-ils seulement existé un jour? Rigel pourrait crever à tes pieds, tu t’en foutrais autant. Parce qu’il n’y a que toi qui comptes, toi et toi seule, toi et ta nymphomanie à assouvir. Je crois bien que je te hais…Mais je continue tout de même à t’aimer, c’est à ne rien comprendre. « Tu me l’as prise! Tu l’as corrompue pour qu’elle vienne vers toi! » je criai, comme un dément. Évidemment, Laura n’était pas un objet qu’on se refilait d’une main à l’autre. Laura, elle était libre de ses choix, et un peu trop, d’ailleurs. C’est pour ça qu’elle est partie, parce qu’elle ne voulait pas s’engager. Mais si elle avait refusé ma demande en mariage, je l’aurais attendue. Pauvre naïf que j’étais…  « C’est faux. » protesta Rigel. « Elle est venue toute seule vers moi, de son propre chef. Tu l’as mauvaise parce que pour une fois, tu passes après moi. Tu n’aimes pas rester dans l’ombre, être laissé pour compte. Tu as toujours voulu occuper une place prépondérante, être sur le devant de la scène. Tu écrasais le monde de ta prétendue supériorité. Et regarde ce que tu es, Orion. Tu n’es rien, tu m’entends, rien? Tu n’es qu’une putain de loque humaine, t’es même plus capable d’enligner deux pas sans t’effondrer parce que t’es complètement bourré, tu rampes aux pieds d’une fille alors que tu peux en avoir des dizaines d’autres en un claquement de doigts. Mais regarde-toi, putain, qu’as-tu fait de ta dignité? Ah, désolé, j’avais oublié que tu crois que tout t’es dû. Tu as perdu Orion, admets le une bonne fois pour toute. » Le cœur de Laura n’était pas un trophée que l’on brandissait après avoir remporté une course. Laura n’était pas une marchandise qui se négociait. Laura était belle et dangereuse. Elle avait eu le choix, et elle avait choisi Rigel. Pourquoi j’avais autant de mal à l’admettre, à l’accepter? Il avait raison, et je n’aimais pas cela. Il avait raison, et rien que pour cela, il fallait qu’il se taise. Qu’il se taise à jamais, qu’il cesse de revenir me hanter, qu’il cesse de m’opposer cette vérité qu’il faisait mal. « et tu sais quoi Orion? Je peux te dire que si tu continues dans ta lancée, tu vas tout perdre. Tu as déjà perdu Papa, tu as perdu Laura. C’est ça que tu veux, perdre Mira également? Non, mais ne te gênes pas. Si c’est vraiment ce que tu veux, on peut l’appeler, pour que tu lui racontes que t’as échoué, que t’as pas été capable de te retenir de boire. Que t’es un putain d’alcoolique dépressif, et ce qui t’attend mon gars, c’est la psychiatrie. T’as vraiment un problème. T’as toujours eu un putain de problème de toute manière, il ne fallait vraiment pas être cuit pour ne pas avoir d’autres ambitions que de faire mumuse sur un balai. » La colère montait en moi, crescendo. Elle commençait même à m’aveugler. Littéralement. Il n’avait pas le droit de me juger. Et s’il était en droit de le penser -qui étais-je, pour prétendre avoir le contrôle sur son for intérieur?- il n’était pas habilité à le dire. Mon cœur, toujours lui, palpitait dans ma poitrine. Il menaçait d’exploser. Et je n’avais pas de soupape pour libérer la pression qui s’accumulait en moi. J’étais au bord du point de rupture, j’étais prêt à commettre un acte déraisonné sous le coup de la folie soudaine qui m’avait envahi. il n’avait pas le droit, il n’avait pas le droit. Et il le sait, il en joue, il veut me détruire. Alors, je vais le détruire. Je le dois. Pour le bien de tous. Pour qu’il cesse d’empoisonner les autres avec de fausses idées. La scène qui se déroula ensuite semblait aller au ralenti. Les gens, le décor. Tout tanguait, dans une mêlée de poings et de pieds, alors que je m’étais jeté sur lui, prêt à en découdre, mon côté belliqueux ayant repris le dessus. Mais le vrai drame, ce n’étaient pas deux frères qui se battaient pour la même femme. Non, le vrai drame, c’est quand ils basculèrent tous deux par-dessus la balustrade, et qu’ils n’eurent aucune possibilité pour se retenir. Et deux hommes furent à la mer. L’un était ivre mort, l’autre était sobre. Mais celui qui était sobre ne savait pas nager. Alors, il s’était noyé. L’homme ivre ne comprenait pas ce qui se passait. Il criait et appelait à l’aide, déjà rongé par les remords, conscient que la chute a été fatale. Parce que l’homme sobre s’était cogné la tête sur la pierre froide et tranchante, ce qui l’avait à demi assommé. Mais les regrets, aussi intenses fussent-ils, ne ramèneraient jamais l’homme sobre à la vie. Il était parti, et il ne reviendrait jamais. Et avec lui, il emportait tout un pan de l’humanité de son frère, qui devenait peu à peu un monstre. Non, ce n’était pas un monstre tel qu’on pouvait en voir dans les contes pour enfants, ce monstre là était armé de son simple esprit. Un esprit tortueux et tourmenté, proche de la démence à certains moments, et qui se surprenait à rêver de destruction et de chaos, souhaitant de tout son être la mort de certaines personnes…ce soir, il venait tout simplement d’être exaucé.

x

Elle nous avait trahis. Elle, Laura. L’auror accomplie, le bourreau du travail, celle qui se plaisait à foncer dans le tas sans faire de détails. Elle avait rejoint l’autre côté, elle s’est laissée corrompre. Je n’arrivais pas à croire qu’un de nos meilleurs éléments avait retourné sa veste, et ce de façon déconcertante. Mais mon supérieur était intraitable. Il fallait qu’elle paye pour cette trahison. Il aurait été si simple qu’elle soit jugée et enfermée à Azkaban pour cela, mais la voir morte, selon lui, allait permettre de régler le problème de façon autrement plus radicale. C’était l’objet de cette mission, qui allait marquer un nouveau tournant dans ma vie, et pas des moindres. Planqué, je pensais Laura, Laura, qu’est-ce que tu as fait? J’avais compris depuis longtemps que tu étais une femme égoïste qui ne servait que tes propres intérêts, mais était-ce une raison pour tous nous compromettre, au nom de ton ambition et ton désir de gloire? Ce n’était pas la femme que je connaissais…Mais au fond, t’ai-je vraiment connue? Tout ce que tu as pu me dire, me montrer, n’était-il pas qu’un écran de fumée? Je pourrais avoir foi en toi, en raison de notre amour défunt, mais cela m’est impossible. Une fois le choc digéré, la haine s’est immiscée en moi, poison insidieux et mortel. L’affaire n’était pas que professionnelle. Elle en devenait personnelle. Parce qu’il fallait que tu paies. Ne serait-ce que pour le mal que tu as fait. Je ne sais pas si tu en es capable, mais bientôt, tu seras rongée par les regrets. Ta déchéance s’amorcera, lentement, mais sûrement, Et moi, je ne peux pas voir ça. Laura est vivante, pleine de fougue. Elle ne peut pas devenir une espèce de zombie purulent abîmé par la société. Je dois la sauver. Et le seul moyen, c’est de l’éxécuter, purement et simplement. Nous avons trouvé ta cachette. Infestée de mages noirs, comme il fallait s’y attendre. Baguette tremblante, j’attendais l’ordre de mon supérieur. Il doutait. Il doutait que je sois capable d’en finir avec toi. Je ne le sais pas moi-même, mais je sais qu’il le faut. Alors, j’attends, priant Dieu pour qu’il m’aide à accomplir mon devoir. Peut-être qu’il n’aimera pas l’idée qu’on tue les gens pour faire régner une certaine justice, mais qu’importe. Il se range toujours du côté des justes. Et tant pis pour sa miséricorde! Puis, aussi vif qu’une flèche, je jaillis. Je me retrouve face à toi. Tu parais surprise, mais au fond, tu t’y attendais toi aussi. Alors, c’est un combat à mort qui s’annonce. L’un de nous doit partir. Et ce sera toi. Parce que si j’y passe avant, parce que je n’aurai pas eu les couilles de le faire, ce sera un autre collègue qui fera le sale boulot à ma place. Tu es condamnée, tu le sais, au moins? Que tu ne sortiras pas d’ici vivante? Que tu es faite comme un rat, que ton destin était scellé? C’est dommage de finir ainsi, surtout si jeune. Mais la justice n’existe pas pour les traîtres. Alors, le duel s’amorce. Long, épuisant. Nous sommes habiles, hargneux. Nous voulons la victoire. Alors, nous combattons de plus belle. On rugit de rage, d’impuissance. Puis, je prononce les deux mots sentencieux. Avada kedavra. Un éclair vert jaillit de ma baguette, alors que je regarde froidement ton corps qui tombe sur le sol. Inerte. J’ai gagné. Tu as perdu. Au revoir Laura. C’est tout un monde qui s’écroule, le nous qui s’effrite, les espoirs vains et idiots qui s’envolent. Mais j’ai accompli mon devoir. Je n’ai néanmoins pas le temps de savourer mon triomphe. Un sort perdu m’atteint en pleine poitrine, et me fait tomber sur le sol, en proie à de violentes convulsions. Un éclair de douleur me déchire la poitrine, alors que mon cœur semblait au plus mal. On me ramasse en panique, pour me mettre sur un brancard. On s’exclame que je suis en train de faire une crise cardiaque. Ou une rupture d’anévrisme. Même là, ils ne sont pas d’accord. Puis, on remarque ces marques là, sur mes bras, sur mon torse. Ces marques sanglantes et purulentes. Ce mal me ronge encore. Mais je n’ai pas l’occasion d’en savoir plus. Je venais de sombrer dans l’inconscience. Un coma qui, en tout et pour tout, dura six mois. Six longs mois pendant lesquels je perdis la capacité de marcher.


Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 18:18, édité 2 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Mer 8 Juin - 21:32

CHAPITRE 5. THE BEGINNING OF THE END .
Tant de jours, de nuits trop brèves, ces soupirs que tu achèves sans y croire, dérisoire. Tu voudrais d'un autre monde, je te sens la proie d'une ombre, illusoire, il faut me croire.
MYLENE FARMER. IL N'Y A PAS D'AILLEURS. .


Ce fut un bip désagréablement familier qui me réveilla. Il m’a simplement fallu ouvrir un œil pour comprendre ce qui se passait, alors qu’une sordide impression de déjà-vu m’avait pris à la gorge. J’avais déjà vécu cette scène, il y a bien longtemps. Et j’avais pensé ne plus jamais la vivre. Si seulement le corps humain obéissait à nos désirs, tout serait tellement plus facile. Il est de ces blessures qui ne seraient jamais apparues. Il est des rêves qui n’auraient jamais été brisés pour cause de défaillance physique. Mais nous n’étions pas des machines que l’on pouvait programmer au gré de nos envies, nous étions faits de chair et de sang, et nous étions vulnérables. Un rien pouvait nous briser, nous réduire à l’état de poussière. Et moi, allongé dans ce lit d’hôpital, j’étais cassé, brisé, en morceau. Comme si un camion m’était passé dessus, comme si j’avais chuté dans un ravin, et qu’on n’avait plus qu’à me ramasser à la petite cuillère. Mes membres étaient bien trop douloureux pour que je puisse les bouger. J’étais comme crucifié au matelas pas confortable, glué au drap aseptisé, comme empêtré dans un immonde piège, tissé par une araignée toute aussi immonde. Je ne pouvais plus bouger, et je paniquais à l’idée que mon âme puisse rester prisonnière de son sarcophage de chair à tout jamais. Je crois bien que j’étais conscient. Assez, en tout cas, pour être aveuglé par la lumière blanche du néon, bien trop agressif. Mais l’illusion était réelle. Je m’attendais à apercevoir, tout près, le portail doré qui m’annoncerait la proximité du paradis. Et Saint Pierre qui m’accueillerait à bras grands ouverts. Mais j’étais si peu digne d’être accueilli en ces lieux, que je m’attendais à en être chassé. Pour ne pas profaner ces saintes contrées. Alors, me voilà condamné à brûler en enfer. Déjà, les flammes infernales me consumaient, et mon corps carbonisé s’effritait à la moindre bourrasque, mes cendres emportées je ne sais où. À cette vision de géhenne, je me réveillai pour de bon, le cœur battant et en sueur, comme si je venais de m’éveiller après un cauchemar. Le coup de massue qui m’étourdit, parce que je m’étais redressé trop brusquement. Retour à la case départ, sans empocher les 20 000 francs. Ou euros, je ne sais plus bien. Tout change tellement vite, même les règles du Monopoly.

La porte s’ouvre. Des pas s’approchent. Et je suis dans le brouillard. Et ça m’emmerde, parce que je ne peux plus bouger. Alors, je ne bouge pas. Je trépigne, même. J’aurais voulu que Jésus soit là pour me mettre un coup de pieds aux fesses tout en me disant lève toi, et marche! Mais Jésus n’était pas là, il avait bien mieux à faire à dire vrai. Alors, j’allais crever tout seul. Vissé à ce putain de lit, prisonnier de ce putain de corps. Le monitoring s’emballe, tout comme mon cœur. Respirer devient pénible. Je vais claquer, et c’est tant mieux. Je n’avais que trop vécu. J’en avais assez. J’étais jeune, mais c’est quoi la jeunesse, franchement? Se préserver, pour mieux morfler quand on sera vieux? S’il me faut partir, alors autant que je parte maintenant. Et dignement. Pour que je ne devienne pas un légume. Une espèce de larve noyée dans sa bave, et qui peine à aligner trois mots. Le train de mes pensées fonce encore à toute vitesse, oui, mais pour combien de temps? Parce que le mur, lui, s’approche dangereusement. Et la machinerie s’emballe, tellement que je ne peux plus l’arrêter. Je vais me crasher, et je m’en réjouirais presque. Masochiste? Non, juste un peu dingue. Mourant, serait un terme plus approprié. Débranchez moi, je veux dormir. Pas pour une nuit, ça non. Des nuits d’insomnie, j’en ai soupé, croyez le ou non. Pas pour une nuit, certainement pas. Mais pour l’éternité, pourquoi pas? Alors, balloté entre mes délires, conscients ou non, je sombre dans un espèce de coma, qui apaiserait presque mon âme tourmentée et mon corps déchiré. Je dis bien presque, parce que ce n’était pas encore gagné.

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Et il y eut cet ange, qui rendit mon agonie plus douce. Un ange au doux sourire, et avec des fossettes qui creusaient ses joues. Elle était belle, ça oui, je me serais damné pour pouvoir la regarder encore un peu. Mais elle était éphémère, elle s’évaporait quelque part où je ne pouvais pas l’atteindre, pour réapparaître sitôt que j’en eus mal à en crever. Et je serais prêt à souffrir le martyr si cela pouvait me permettre de la garder près de moi. Mais les anges n’existaient pas, alors j’étais condamné à me repaître de mes illusions, comme si je n’étais voué qu’à ce sordide destin. Comme si j’étais condamné à sombrer dans une douce folie, celle qui m’amènerait à me faire sauter le caisson. Et il y avait ce rire, grands dieux, son putain de rire. Ce rire qui provoquait des frissons sur la peau, qui secouait les tripes et chatouillait le ventre. Ce rire qui tintait comme mille clochettes. Ça donnerait presque du baume au cœur. Pour la première fois depuis des jours, je m’endormis avec un sourire béat accroché aux lèvres. Dieu, pour une fois, était de mon côté. Il avait envoyé cet ange à mes côtés pour apaiser mes tourments. Je ne pouvais pas espérer mieux comme cadeau. Il était comme ça, ce dieu. Il allait, il venait. Il s’arrangeait pour que notre foi s’émousse. Mais, il revenait, plus fort et imposant que jamais. La foi s’était ravivée.

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Je suis réveillé pour de bon, maintenant. Jésus est venu, et il m’a mis ce coup de pied tant désiré. Maintenant, je pouvais tenir debout, mais c’était laborieux, difficile, et surtout, douloureux. Je ne perds pas espoir pour autant. Un jour, je retrouverai l’usage de mes jambes. Et de mes bras aussi. Parce que je suis cassé de partout. Mais Dieu est de mon côté, n’est-ce pas? Tiens, c’est étrange quand on y pense. Je n’ai jamais réellement cru à Dieu. Et dans les moments les plus critiques de toute mon existence, je me mets à le prier. À l’aduler. Comme une vieille idole que l’on aurait oubliée. Il doit m’en vouloir, je crois. Parce qu’on ne prend pas Dieu pour un con. Dieu n’oublie pas. Il récompense ceux qui lui sont fidèles. Et il punit les autres. Dieu a dû me punir. Il n’y a pas d’autres explications possibles. Alors, pourquoi il m’envoie cet ange? Cet ange, qui n’en est pas un d’ailleurs. Juste une infirmière. Toujours la même, qui s’occupe de moi depuis mon admission. Celle qui rend mes nuits plus douces et moins douloureuses était terriblement humaine. Elle n’avait rien d’une entité surnaturelle, elle faisait juste son boulot. Merde alors, il est où le miracle? Les miracles, garçon, n’existent pas. je marcherai! je lui ai promis. Elle a opiné en silence, et a changé mon bandage. Pourquoi j’ai l’impression qu’elle ne me prend pas au sérieux? Ça ne faisait pourtant aucun doute. Je reprendrai le cours de mon existence comme si de rien n’était. Mais alors, pourquoi c’était si long? C’est long parce que j’ai foiré quelque part. Une mission qui a échoué. Et soudain, je me rappelle. Laura. Même morte et enterrée, elle revient encore me pourrir la vie. Mais elle ne mérite pas de sépulture, elle mérite d’être dévorée par les premiers charognards qui passent. Pourrir à l’air libre, et se faire ronger par les asticots. Parce que quelqu’un doit payer, et ce sera elle. La haine que j’éprouvais à présent était proportionnelle à l’amour que je lui portais jadis. La savoir morte devrait me soulager, mais je n’en retirai aucune satisfaction. Juste une profonde lassitude, à dire vrai. Et un vague relent de culpabilité qui flottait dans l’air. Ce n’est pas que je regretterais, tout de même? Un peu, mais c’était pour la bonne cause, n’Est-ce pas? Que voulez vous, on se disculpe comme on peut. Et parfois, ça ne marche pas. Dieu m’a puni en me paralysant. Paraplégique, se murmurait-il. Merde alors. Il avait mis les bouchées doubles.

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L’ange s’appelle Irène. Je l’ai entendu de la bouche de ses collègues. Ce matin, je lui ai dit bonjour, Irène. Elle a rougi, a balbutié quelque chose, et elle est partie sans demander son reste.

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« Elle est morte. » je murmure, tandis que la pierre tombale gravée à son nom me revenait en mémoire. Irène pressa doucement ma main, tandis que je baissais la tête, complètement anéanti. Mira laissait un grand vide en moi, une absence que je n’étais pas sûr d’accepter un jour. J’avais le cœur broyé par le chagrin, le ventre en vrac, les entrailles nouées, et les spasmes menaçaient. Quand on me fixait de dos, on voyait clairement mes larges épaules trembler. Mais ce qui m’horrifiait le plus, outre ce destin tragique qu’avait été celui de ma sœur, c’est l’atroce vérité que mes parents m’ont caché. Je pensais Mira à l’étranger, en exil. Jamais, au grand jamais, je l’aurais pensée morte. « Elle est morte. » je répète, avec plus de force. Le répéter encore et encore m’aidera peut-être à l’admettre mieux, mais je n’y arrivais tout simplement pas. C’était inacceptable, je ne pouvais pas me résoudre à cette réalité qui m’écorchait vif. Je sentais la douleur profaner mon être, maintenant plus que jamais. « ça va aller. » me souffle-t-elle, tout en caressant mon bras. Sa douce chaleur se répandait dans mon corps, mais ce ne sera jamais assez pour contrer la souffrance qui m’habitait. Je me soustrais à sa caresse, quelque peu sauvagement, avant de me prendre la tête entre les mains. Les larmes roulaient sur mes joues, sans que je puisse les arrêter d’une quelconque façon. Et Irène me fixait, impuissante, ne sachant ni que dire, ni que faire, pour enrayer la machine infernale. On faisait tâche, dans ce pub irlandais, attablés devant une bière, une Guinness, me semble-t-il. Boire pour oublier. Si seulement c‘était efficace. C’était une habitude qui était mienne depuis des années à présent. S’il n’était pas de notoriété publique que je noyais mes problèmes dans l’alcool, on n’en était pas loin. « NON CA NE VA PAS ALLER! » je me mets à crier, avec force, mon poing martelant la table avec brusquerie, la faisant sursauter. « ELLE EST MORTE, VOUS SAISISSEZ? » Le regard que me jeta Irène me transperça de part en part. N’importe qui se serait ratatinée sous mon brusque accès de colère, faisant peut-être profil bas -après tout, j’étais réputé pour être colérique et caractériel. Mais pas elle. Irène restait de marbre, drapée dans sa neutralité. Sa foutue neutralité qu’elle portait fièrement en étendard, comme si rien ne semblait l’atteindre. Cette femme savait se montrer insaisissable quand il le fallait. « J’ai compris, vous savez. » rétorque-t-elle, pincée, apparemment peu disposée à laisser tomber le masque. Elle se pencha pour récupérer son sac à main, coincé entre ses chevilles. « Sauf qu’ici, ce n’est ni le lieu, ni le moment. Nous allons rentrer chez vous, et vous allez pouvoir me hurler dessus autant que vous voulez. Ne vous en faites pas pour moi, je suis blindée. » C’est qu’elle avait du caractère, l’infirmière. J’ignorais si elle était réellement blindée, mais à dire vrai, je n’en avais cure, ce n’était pas mon problème. Le plus urgent était de savoir ce qui était arrivé à ma sœur, et pourquoi mes parents ont omis de préciser ce détail d’importance, parce que c’était forcément suspect, cette volonté d’occulter les faits. Mais ça, Irène n’avait pas l’air de l’avoir compris, contrairement à tout ce qu’elle pouvait bien dire. Non, elle ne comprenait pas, et elle ne comprendrait jamais. La perte était trop grande, bien trop pénible, et surtout, irremplaçable. J’ai perdu ma jumelle, bordel, c’était comme si on m’avait amputé d’une partie de mon âme. Et le pire, c’est que j’ignorais tout de cette histoire. Comme si avoir inventé tout un lot de péripéties pour minimiser les faits était un remède suffisant et surtout efficace pour atténuer la douleur dévorante. Ils n’en savaient rien…ils n’en sauraient jamais rien.

Je finis par me lever, sous son regard étonné. Je dépose un billet de banque sur la table. « Vous, vous n’allez nulle part. » je lui assène, durement. Après tout, je n’avais pas besoin d’une infirmière bornée pour seule compagnie, je m’accommodais très bien de la solitude. « par contre, JE rentre chez moi. » Irène se leva à son tour. Parce qu’en plus, elle osait discuter mes volontés? Elle n’allait tout de même pas s’imposer chez moi, si? « Rentrer chez vous? » s’esclaffe-t-elle, mauvaise. Elle passe une main embarrassée dans ses cheveux que je devinais soyeux au toucher. Un geste d’une singulière douceur, qui contrastait quelque peu avec l’expression de son visage et le ton résolu qu’elle employait alors. « Mais pourquoi faire, bon dieu? » s’exclame-t-elle, ses prunelles chocolat me toisant. Si un regard pouvait tuer, sans nul doute serais-je mort à l’heure qu’il est, et cette femme, que je connaissais si douce et si dévouée, aurait été mon assassin. Mais les apparences sont toujours trompeuses, n’est-ce pas? On ne pouvait jamais réellement deviner ce qu’étaient les autres en leur for intérieur. Il fallait prendre la peine de creuser sous la surface. « Pour vous retrouver ivre mort demain matin parce que vous vous serez noyé dans une bouteille de whisky? Il en est hors de question. » Elle avait vraiment du culot. Tant et si bien que ses propos m’estomaquèrent. De quel droit se permettait-elle de me juger de la sorte? Elle était presque une inconnue pour moi, elle n’avait pas le droit de…Je sentais la fureur monter en moi, par vagues successives. « Et sur quels éléments concrets vous basez-vous pour affirmer cela? » je m’enquis, légèrement aigre. Malgré tout ce que je pouvais en dire, elle venait de toucher une corde sensible. Mon passé alcoolique, qui s’était enraciné dès lors que j’ai appris mon incapacité à jouer au Quidditch pour le restant de ma vie. J’étais si jeune, mais aussi si con. Je m’étais enfermé dans mes illusions, j’avais cru en bien des choses, pour voir en finale mes rêves brisés, mes ambitions revues à la baisse. Irène croisa les bras sur sa poitrine rebondie, mécontente. « Je vous rappelle que je suis l’infirmière qui vous a suivi pendant toute votre convalescence, et par conséquent je dispose de votre dossier médical. Voilà d’où je retire tous mes renseignements. » Je fulminais. Je serrais les poings si fort que mes ongles écorchaient la chair rugueuse de mes paumes. Mes jointures, quant à elles, avaient dangereusement blanchi. Je tapai à nouveau du poing sur la table, comme le gosse capricieux que j’avais toujours été, et que je n’avais jamais cessé d’être. « Je peux vous dire que tout ce que vous prétendez avoir lu n’est que le dixième de ce que je suis réellement. Alors cessez de croire que vous me connaissez mieux que quiconque, parce que c’est faux. » Elle ignorait tout de moi. Elle n’avait pas le droit de me juger. Et certainement pas alors que j’étais à la dérive. J’avais besoin de soutien, pas qu’on m’enfonce encore plus. Et ce n’était sûrement pas cette idiote qui allait faire l’affaire. Elle laissa échapper un léger rire cynique, qu’elle dissimula derrière une quinte de toux. Elle s’approcha dangereusement de moi, pour me planter l’index dans le torse. « Je pourrais cesser de tirer des conclusions hâtives si vous cessiez de vous croire tout droit sorti de la cuisse de Jupiter. C’est le deal, Orion, c’est le deal. » Elle était dangereuse. Elle était sensuelle. Elle avait du caractère. Mais je savais aussi qu’elle était gentille et dévouée. Une bien drôle de femme, Irène Forester. Elle m’empoigna par le bras, pour nous faire ensuite sortir du bar. « Je n’irai nulle part avec vous. » je proteste. Mais elle ignore mes protestations. « Allons, cessez de faire l’enfant, nous allons chez vous, nous serions peut-être plus tranquilles pour parler. » Elle n’avait pas tort, bien que je me refusais à l’admettre. Cela étant, on s’était assez fait remarquer comme ça. Il avait suffi de voir les autres nous dévisager avec une certaine stupéfaction pour le comprendre.

J’avais fini par la laisser entrer. Il le fallait bien, quand bien même j’aurais eu envie de lui claquer la porte au nez. Mais si je pouvais me montrer extrêmement capricieux, parfois taquin, je ne me comportais jamais comme un mufle. Je savais respecter les autres, en toutes circonstances. Et ce, même si l’on ne me rendait pas forcément la pareille. Je lui ai proposé à boire. Elle a simplement décliné mon offre, pour défaire sa veste en cachemire, qu’elle posa délicatement sur le dos du canapé. J’avais jeté ma veste sur une chaise, puis je m’étais affalé dans le canapé, sans aucune élégance. Irène se laissa tomber en arrière, et tous deux, nous regardâmes le plafond. Après quelques minutes de silence, elle décida de briser la glace. « Vous vous sentez mieux? » Une façon plus ou moins délicate d’amorcer une conversation. Sauf que je n’avais pas envie de parler. Je voulais tant profiter du silence que de sa présence, ne pas faire éclater la bulle confortable qui nous enveloppait. Je me tourne également vers elle, une moue blasée accrochée aux lèvres. « on est vraiment obligés de parler? Je n’en ai aucune envie. » Je n’avais rien à lui dire. Je n’avais surtout pas envie de lui parler de Mira. Ma belle Mira, tendre étoile qui s’est éteinte alors qu’elle n’en était qu’à l’aube de sa vie. Quel putain de gâchis. Une ombre passe dans mon regard. Apparemment, Irène le remarqua, puisque ses doigts virent doucement effleurer ma joue. Nos regards s’accrochent, longtemps. Pendant des années, je m’étais désespérément raccroché au souvenir de Laura, persuadé qu’elle allait un jour revenir, puis être mienne. Mais en contemplant les yeux d’Irène, je me rendais compte à quel point j’avais pu perdre mon temps, puisqu’il y avait d’autres femmes tellement plus intéressantes. Et Irène était intéressante, curieux mélange de force et de vulnérabilité. Elle était tout et son contraire, mais l’équilibre dont elle faisait preuve était prodigieux. Tout doucement, nous nous étions rapprochés. Et tout doucement, nous nous étions embrassés. Ses mains douces qui caressent une douceur toute calculée mon corps meurtri, sa bouche qui dévore la mienne avec passion. Je bascule par-dessus elle, elle noue ses jambes fines autour de ma taille. Ses doigts mutins déboutonnent ma chemise. Nous sommes un, nous sommes tout, nous sommes rien. Juste l’union éphémère de deux êtres, deux paumés, deux blasés, en quête d’un certain réconfort, que l’on trouvera à travers la chair. Et cela perdura par la suite.

Je pose mes lèvres sur son épaule ronde et délicate, la faisant légèrement frémir. Ses doigts dessinaient d’étranges arabesques sur mon ventre. Nous étions blottis l’un contre l’autre, enveloppés dans un plaid, tandis que l’on se remettait doucement de notre étreinte. Irène était étrangement songeuse. À tout hasard, je baisse les yeux, pour enfin rompre ce silence confortable qui nous entourait. « Cela fait longtemps, que vous êtes seule? » je m’enquis, ne renonçant pas pour autant à la vouvoyer. Elle soupire, longuement. Elle sourit, puis ses lèvres capturèrent les miennes, nous emportant dans un nouveau baiser. « Probablement. » répondit-elle, en toute franchise. « Mais cela ne fait rien, je m’accommode très bien de ma solitude. Etre en couple n’était pas ma priorité, même si cela fait bien quatre ans que je suis seule…depuis mon premier mariage, en fait. » Ainsi, elle avait été mariée. Je ne peux m’empêcher de calculer dans ma tête. quatre ans. Elle avait vingt ans. Elle était jeune, insouciante aussi. À vingt ans, on est cons, à vingt ans, on ne sait pas ce que l’on veut. Et pourtant, à vingt ans, elle avait été conduite jusqu’à l’autel. Amour véritable, ou coup de folie? Je replace une mèche de cheveux derrière son oreille. « Vous avez été mariée? » je m’enquis, quelque peu surpris. Elle se mordilla la lèvre inférieure, regrettant sans doute d’en avoir déjà trop dit. « C’est une longue histoire. Et je n’ai pas envie de parler. Sachez juste que ça s’est mal fini. Sinon, je ne serais pas avec vous, dans ce canapé. » ajoute-t-elle en riant. Je souris également, avant de l’embrasser. Elle caresse doucement ma nuque. « Alors tant mieux si c’est fini…parce que maintenant, je ne voudrais pas être ailleurs qu’avec vous, dans ce canapé. » je commente, un léger sourire aux lèvres. Elle sourit à son tour, puis redevint tout à coup songeuse. Je pose un baiser dans ses cheveux. Mes doigts effleuraient son dos nu. Dans un sens, j’étais également seul depuis un moment déjà. Mais à sa différence, je ne m’accommodais pas de ma solitude, pas du tout. Cette solitude, elle me rongeait de l’intérieur. Je n’avais pas changé, dans le fond. J’avais ce besoin perpétuel d’avoir quelqu’un à mes côtés, d’être en couple. Et pourtant, je ne m’étais jamais aussi senti seul, tout le monde s’en était allé. Seule Irène était restée, et je me suis raccroché à elle comme à une bouée de sauvetage. J’avais besoin d’elle. Pour ne pas me laisser sombrer une fois encore. Je m’accrochais désespérément à cet éclat de vie qui avait brillé en moi ce soir, pour s’évanouir presque aussitôt.

x

Longtemps j’ai cru que Laura était la femme de ma vie. Longtemps, j’ai pleuré son absence, espéré son retour. Mais maintenant qu’elle était morte, plus rien n’était possible. Alors, je devais enterrer cette histoire dans les tréfonds de ma mémoire. Ne plus y penser. Poser le verrou. Et s’en aller. Puis, il y a eu Irène. Irène, qui s’est occupée de moi avec tant de dévotion. Je crois bien que je lui devais mon salut. Malgré tout, je lui vouais une profonde reconnaissance. Sans elle, je crois bien que j’aurais été incapable de marcher à nouveau. Je lui avais promis, et je l’avais fait. Même si j’étais cassé, cabossé, je marchais. J’avais mal, mais j’avais vaincu mon mal, ce qui était une petite victoire. Puis, j’ai épousé Irène. Ce fut l’occasion de réunir tous les anciens de Poudlard, ceux que j’avais apprécié, ce que j’avais aimés, même. Travis. Rhoda. Les autres. Nous avions bien grandi. Mais le plaisir de se retrouver tous était là. Deux personnes manquaient à ce tableau si parfait. Papa, et Mira. Papa à qui je ne parlais plus, et à qui je ne parlerai plus jamais. Les espoirs de réconciliation étaient vains, je crois bien. Puis, neuf mois plus tard, était né Sirius. Mon fils. Notre fils. C’est fou comme il peut ressembler à sa mère. Et malgré mon invalidité, un nouvel espoir se dessinait. Vivre une vie normale, comme si rien de tout cela ne s’était passé. Faire abstraction de mes vieux démons. J’y arrivais. Ma nouvelle famille y était pour beaucoup. Mais vous savez, les démons ne restent jamais bien longtemps en berne. Alors, ils revenaient. Et continuaient de ronger la chair déjà pourrie.



Dernière édition par Orion P. Bowen-Lloyd le Ven 10 Juin - 12:32, édité 3 fois
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Mer 8 Juin - 21:37

CHAPITRE 6. ERRARE HUMANUM EST .
Je suis un homme au pied du mur, comme une erreur de la nature. Sur la Terre sans d'autres raisons, moi je tourne en rond, je tourne en rond.
ZAZIE. JE SUIS UN HOMME. .

La routine. Sept lettres qui me tuent à petit feu, sans que je sache comment l’enrayer. Cette vermine qui s’installe partout, et qui rend rapidement infecte toute vie, en particulier quand cette dernière était vouée à être pleine de rebondissements. J’ai vécu trop vite, j’ai vécu trop fort, j’ai cherché à sans cesse repousser mes limites, et mes limites, je les avais rapidement atteintes. Désormais, j’étais un homme brisé, au sens propre comme au sens figuré, harassé, pieds et poings liés dans une existence qui lui sied si mal. Le moindre mouvement ainsi esquissé provoquait une douleur infâme en mon être meurtri, me donnant chaque jour l’envie de baisser les bras, de prendre congé de cette vie qui faisait si mal. Douce Irène, tu as toujours cru en la bonté de mon âme, tu as été touchée par mes douleurs les plus enfouies, mais bon dieu, tu n’as jamais su ce pourquoi tu signais, dans quel merdier tu risquais d’être embourbée si tu venais à te lier à moi. Et en m’épousant, en cette journée d’Avril, tu avais épousé mon propre enfer, ma propre inertie, mes propres complications. Tout était devenu plus pénible, moins confortable. Ma belle Irène, je t’aime, oui, mais est-ce seulement suffisant? Est-ce suffisant pour m’empêcher de m’enliser dans cette putain de routine chaotique, dans cette journée sans fin, qui s’éternise, encore et encore? Et croyez moi, pour quelqu’un qui est déjà mort trois fois, l’éternité, c’est long, bien trop long pour n’en garder aucune séquelle. Et l’éternité, c’est bien plus long encore quand on a le cœur rongé par la culpabilité, quand on est hanté par les fantômes du passé. Mon regard troublé parcourt les murs de la chambre, où est étalée toute notre vie. Notre mariage. Près de six mois après notre rencontre. Un coup de folie, diront certains, un coup de foudre, avons-nous répondu. La naissance de Sirius, notre fils. Cet être si ténu, si chétif, qui était à présent un robuste petit garçon, aventurier et tapageur. Tu peux être rassurée, ma douce, la relève est assurée. À travers son regard marron -il a tes yeux, ma chérie-, je me sens renaître, je me retrouve une nouvelle jeunesse. Pourtant, ce n’est pas suffisant, ce ne sera jamais suffisant pour me retenir, pour recouvrer cette part d’humanité qui me fait tant défaut. J’erre sans but, Irène, je suis perdu, désespéré de retrouver le chemin de la lumière. Je m’enlise, Irène, je m’enlise. Je vais finir par perdre pied. Le plancher grince sous mes pas, tandis que je dénoue ma cravate, et desserre le col de ma chemise, proche de m’étouffer.

Je ferme les yeux, m’imprégnant de ta douce mélodie, celle qui jaillit des touches de ton piano, romantique et sautillante. La lettre à Elise m’enivre, elle est imprégnée de ton parfum. Je voudrais te serrer une dernière fois dans mes bras, mais mes doigts n’effleurent que du vide. Je suis seul dans cette chambre, avec ton piano qui m’obsède. J’entends ton rire par intermittence, radio qui grésille, et qui devient de plus en plus lointain, pour s’évanouir dans ton silence. Notre vie défile sous mes yeux, tandis que je vide d’un trait mon verre de cognac. J’ai le regard flou, les idées pas très claires. Le verre m’échappe des mains, et tombe vers le sol dans une lenteur déconcertante. Il s’y brise, répandant des morceaux de verre sur le parquet, au milieu d’une flaque ambrée. Je me laisse tomber à genoux, terrassé par les vieux démons qui me rongent. Rigel. Laura. Laura, Rigel. Puis, encore Laura. Laura, nos vingt ans, baisers enfiévrés et étreintes passionnées, la fougue de la jeunesse. Cet Orion là, tu ne l’as pas connu, ma douce. Tu n’en as récupéré que les ruines, les vestiges fumants, récemment ravagés par la guerre, sordide champ de bataille, et tu t’es appliquée à recoller les morceaux. Mais jamais plus je ne serais intact, les lézardes seraient à jamais visibles, preuve tangible de mon pensé tortueux. Les images défilent dans ma tête, avec une lenteur lancinante. Mon diplôme en poche, sitôt sorti de Poudlard. Avec les honneurs qui plus est. La voie de l’excellence s’étalait à mes pieds, et m’assurait un avenir royal. Mais tu la connais la suite de l’histoire, Irène, tu l’as vécue avec moi. Les filles, qui à l’époque me faisaient déjà tourner la tête. Les coupures de presse relatant mes exploits, et que Maman a toutes gardées précieusement. Mon rêve brisé par une chute de près de dix mètres, qui s’est soldée par des lésions irréversibles. Ma première fois, dans un des placards à balais de l’école. Avec cette élève de Poufsouffle dont je m’étais entiché, pour m’en lasser au bout de quelques semaines. Je lui ai brisé le cœur, je crois, et ce n’est assurément pas la seule. Le Quidditch, encore. La presse à scandales. Laura. La musique monte crescendo, alors que je me sens davantage étouffer. Un cliquetis métallique. L’arme est chargée. Laura, encore. Le canon contre ma tempe. Je t’entends rire, encore. Puis tes pleurs. Lysander. Jamais je n’aurai détesté quelqu’un avec autant de virulence. La putain de haine qui a été un fléau pour notre famille un brin étrange. La haine qui atteint son paroxysme alors qu’on en venait aux mains. Ça non plus, je ne t’en ai jamais parlé, ma belle Irène. Tu ne sais pas que j’ai du sang sur les mains, en dehors de ces foutus mages noirs, sacrifiés pour une noble cause, le bien. Mais le bien, le mal, qu’est-ce au fond, à part une absurdité? Rigel chute du pont, inexorablement. Tes notes s’intensifient encore. Mon index presse la gâchette, lentement. Pas de larmes. Pas plus de dignité. Je suis mort trois fois, je mourrais bien une quatrième. En espérant que cette fois soit la bonne. La der des der. Malgré tout, j’ai la gorge nouée. J’aurais pu te dire adieu, mais je voulais écourter ce moment, bien trop douloureux. Alors, je le fais en pensée. Adieu, mon amour. Prends soin de Sirius. Prends soin de toi. Prends soin de nous. Le canon brûle contre ma tempe, alors que je ferme les yeux. Relâche la gâchette. Cliquetis. Mais le coup ne part pas. L’arme tombe au sol, tandis que je hurle de rage. Tiens, c’est drôle. Ton piano vient de s’arrêter. Des bruits de pas dans l’escalier. La porte qui s’ouvre à la volée. C’est fini, Irène, c’est fini. C’est fini, mais je n’en vois pas le bout. Pourtant, c’est comme ça que ça aurait dû se passer. Tu le sais. Tu as vu l’arme à terre. Et tu ne dis rien. Tu n’as jamais rien dit. Tu as toujours obtempéré, douce et docile. C’est pour ça que je t’aimais, tu sais? Parce que tu étais belle, et parce que tu te taisais. Mais dans tes yeux, on voyait la douleur. L’amertume transparaissait dans ta voix. Mais à présent, ce sont tes sanglots qui trempent ma chemise.

Tu tends la jambe, pour éloigner le flingue le plus possible. Tes bras me serrent avec force, tes doigts caressent doucement ma nuque. Tu me murmures que tout va bien. J’aimerais bien te croire, mais je sais que ce n’est pas vrai. Je tremble un instant entre tes bras, comme agité de spasmes. Quelque chose se brise en moi, pour la énième fois. La culpabilité me ronge, telle un violent poison. J’en peux plus de tout ce cirque, de toute cette mascarade. Même ton souffle est corrosif, il me brûle la peau comme le pire des acides. Ta musique me trottine dans la tête, litanie entêtante et lancinante. Tes lèvres picorent mon cou. Je crois t’entendre renifler. Je ne peux plus m’arrêter de pleurer. Je me hais. Je me sens horriblement vulnérable, je suis fatigué, au bout du rouleau. Tes mains frictionnent mon dos, ma tête repose contre ta poitrine. « Mon amour. » me chuchote Irène, la voix vacillante. Un sanglot s’échappe de sa gorge divine. « Pourquoi tu te fais tout ça? Mon bel Orion, pourquoi tu te détruis de la sorte? » Je ne peux pas lui dire. Pourtant, la vérité me brûle le bout de la langue. Je suis un menteur, un foutu menteur. Elle ne me connaît pas, dans le fond. Je lui ai dit ce qu’elle voulait bien entendre. Elle ignorait tout de mes heures sombres, et je l’avais maintenue égoïstement dans l’ignorance. Je m’imprègne de ce parfum, ce parfum qui me rendait fou. Je l’aimais, Irène, je l’aimais à en crever, mais était-ce suffisant pour laver la culpabilité qui me ronge de l’intérieur? « Je n’aime pas te voir comme ça. » souffle-t-elle, toujours en me berçant et en m’embrassant. « J’aimerais tant pouvoir soulager ta souffrance, la prendre pour moi. » Je me crispe, entre ses bras. Je me détache d’elle, pour prendre son visage entre mes mains. Je caresse ses joues de mes pouces, essuyant ses larmes. Je me perds dans son regard chocolat. Pardonne moi pour ce que j’apprête à faire. Mais je le dois. Pour toi. Pour Sirius. Tu comprends l’enjeu, ma douce? « Prends Sirius. Prends quelques affaires. Et pars. Pars loin de moi. Pars, et ne reviens jamais. S’il te plaît. Fais le pour moi. Fais le pour vous. » L’incompréhension se tisse dans son regard, alors que ses paupières papillonnent. Je me penche pour les embrasser, l’une et l’autre. « Non. » Son non est ferme, déterminé. C’est à elle de prendre mon visage entre ses mains. Elle rive ses prunelles ambrées dans mes iris glacés. Elle renifle. Elle embrasse mon visage trempé de larmes. « Je ne m’en irai pas. Quoique tu dises, quoique tu fasses, je reste. Ma place est ici. Chez nous. Nous sommes une famille. Et je ne changerai pas d’avis. C’est peine perdue. » Je me brise à ces mots, une fois encore. Je pleure de plus belle. Je me niche au creux de son cou. Elle ébouriffe mes cheveux. M’embrasse la joue. Je ne demanderai pas pourquoi le sort s’acharne sur moi. Parce que je le sais. Je n’étais pas un martyr. Je l’avais simplement mérité. Je payais pour mes crimes, je répondais de mes actes. Mais j’étais un lâche. J’étais incapable d’assumer la portée de mes actes. C’est pour ça que j’ai voulu en finir, Irène. Parce que plus les jours passaient, et moins j’étais capable de me regarder en face. « Je les ai tués. » je souffle, avec difficultés. Elle ne se fige pas. Elle continue de me bercer, bien que sa respiration se faisait plus erratique. « Qui? » me demande-t-elle d’une voix douce. Je pouvais bien lui en parler, je lui devais bien ça. Je renifle. Elle caresse mes cheveux, une fois encore. « Mon frère. Ma sœur. Laura. » Elle prend mon visage entre ses mains. Dans ses yeux brillent quelques larmes. Je suis incapable de soutenir son regard. Pas avec ce que j’allais lui révéler.

Elle caresse ma joue. « Que s’est-il passé? » me demande-t-elle, bouleversée. Je reste silencieux, un moment, rechignant à cracher cette vérité qui me hantait depuis plusieurs années maintenant. Depuis presque dix ans, très exactement. Peut-être un peu plus, je ne sais plus très bien. « Je les vois tout le temps, Irène. Ils me rappellent mes fautes, sans cesse. Ils m’accusent, ils m’ont d’ores et déjà condamné. Je n’en peux plus de les voir s’agiter autour de moi, et rire de ma folie naissante. Je veux les faire taire, tu comprends? » Une larme unique roula sur la joue d’Irène, que je cueillis du bout des doigts. Sa lèvre inférieure tremble. Je la caresse de mon pouce. Elle semble se calmer. « Tu aurais dû me laisser faire, Irène. Je ne les entendrais plus à l’heure qu’il est. Et toi…Tu n’en aurais jamais rien su. » Tu n’as rien à voir avec ce passé sordide, Irène. Tu n’as pas à subir les dommages collatéraux. Tu n’es qu’une innocente victime. Mais tu connais l’histoire, ma douce. Tu sais que les innocents ne sont pas épargnés. Tu sais aussi que les innocentes victimes sont sacrifiées aussi injuste que cela puisse paraître. « C’est trop tard, Orion, tu as mis les pieds dans le plat. Tu dois me le dire, maintenant. Dis moi. Que s’est-il passé? » Sa voix est douce. Elle ne tremble pas. Elle reste forte, quoiqu’il arrive. Elle est digne, Irène. Digne et fière. Elle caresse mes joues. Son regard cherche à accrocher le mien. Et moi, je fuis, éternellement. Comme le lâche que j’étais. « C’était un soir. J’étais ivre. Je me noyais dans l’alcool parce que Laura m’avait quitté. Je n’étais plus rien, Irène. Elle s’est barrée avec mon frère. SALOPE! » je crie, libérant la colère qui s’était accumulée en moi depuis des années. Irène sursaute à mon injure, mais elle reste là. Elle reste à mes côtés, faisant preuve d’un sang froid remarquable. Un sang-froid dont j’étais incapable. « Cette salope s’est barrée avec mon connard de frère, tu piges? Ça ne l’a jamais dérangée de se faire sauter par les deux frères, tu penses, c’est qu’elle aimait ça, la garce! C’est bien fait si elle a fini par crever, c’est bien fait! » Elle s’était figée devant mon brusque accès de colère. Elle s’inclinait devant ma rancœur. Elle abandonnait, je crois bien. Elle voyait bien que c’était une cause perdue. J’étais perdu, et je ne pouvais plus retrouver la lumière. C’est fini, Irène, c’est fini. Un rire aigre s’échappe de mes lèvres. Je suis en train de perdre la boule. Je m’égare toujours plus, compromettant mon retour à la raison. Mais un tel retour était utopique, pas vrai? « j’ai crevé avant elle. J’étais presque mort quand ils m’ont récupéré. J’ai agonisé pendant deux putain d’années. Et elle, cette salope, n’a pas eu à souffrir autant que moi j’ai souffert! » Tu sais de quoi je parle, Irène. Toi aussi tu connais l’histoire. Cette mission qui avait mal tourné. Mais sais-tu pourquoi ça a mal tourné? Je ne pense pas. Pour toi, j’étais au mauvais endroit au mauvais moment. « Et pourtant, Dieu sait à quel point j’aurais voulu qu’elle crève comme la chienne qu’elle était. Je nous ai menés à la mort, parce que j’étais irresponsable, parce que j’étais suicidaire. Je savais qu’on pouvait y rester tous les deux, mais je l’ai fait. J’ai survécu, Irène, et rien que pour ça, je mérite de brûler en enfer! » je crache, tandis que son visage restait inexpressif. Elle a fini par lâcher mon visage. Ça y est. Je la répugne. Je l’indiffère. Tant mieux. Je méritais de crever seul. Je ne méritais nulle pitié, nulle compassion. Tu devrais t’en réjouir. Mais je me trompe. Je me trompais. J’aurais dû me douter que tu ne m’abandonnerais pas. À la place, tu prends mes mains dans les tiennes, et tu les serres fort. Tu les portes à tes lèvres, tu les embrasses. Tu n’as rien compris, Irène, rien de rien. Ces mains, elles sont maculés de sang. Tu ne peux pas me faire ça. T’as pas le droit.

Ses lèvres s’emparent des miennes avec force. Elle n’a pas envie de savoir la suite, la suite, ce sera pour bientôt. J’avais donc, par ses bonnes grâces, écopé d’un sursis. J’avais cessé de pleurer, la colère avait balayé mon chagrin. La rancœur était vive, tenace, mais la culpabilité s’éloignait elle aussi. Irène, une fois de plus, m’avait guéri. Elle avait pansé mon âme, comme elle le faisait depuis toujours. Elle absorbait ma douleur, s’en imprégnait un peu plus à chaque fois. Je ternissais ce joyau, je lui prenais son innocence, son humanité peu à peu. J’absorbais tout ce qu’il y avait de bien en elle pour m’en nourrir, et j’utilisais ma propre pourriture en guise de cataplasme sur ses plaies béantes. D’une certaine façon, elle était mienne, elle le serait à tout jamais. Et au gré de nos baisers, au gré de nos caresses, je la faisais mienne à nouveau. Nous nous sommes unis ce soir là, avec l’énergie du désespoir, comme si cette étreinte à laquelle nous nous abandonnions était la dernière. Dans un sens, elle aurait pu l’être, si le coup était parti dès lors que j’avais pressé la détente. J’aurais laissé une veuve, un orphelin. J’avais trop à perdre pour songer à y renoncer.


EPILOGUE. RETOUR AUX SOURCES .
The wind of change blows straight into the face of time, like a stormwind that will ring the freedom bell for peace of mind.
SCORPIONS. WIND OF CHANGE .

« Tu es sûr que tu veux retourner dans le monde magique? » me demande Irène, tout en rajustant le col de ma chemise. Je lui souris, d’un sourire qui se voulait encourageant. Du coin de l’œil, je voyais mes bagages, prêts à être acheminés jusqu’à Poudlard. Des années après, je retournais à l’école de sorcellerie. Mais pas en tant qu’élève. Cette fois, je serais dans les coulisses, en tant que professeur d’histoire de la magie. Pourquoi Poudlard? Je n’en savais trop rien. J’espérais sans doute retrouver ma gloire d’antan. Je ne pouvais pas répondre, j’ignorais ce que j’allais bien pouvoir y trouver après tant d’années. Irène me gratifia d’un sourire triste. Je me penche sur elle pour l’embrasser. Longuement. « Je reviens pour Noël, dans tous les cas. » je promets. Mon cœur se serre en pensant que j’avais fait la même promesse à ma sœur, des années auparavant. Promesse que je n’ai pas tenue. Mais cette fois, j’allais honorer ma parole. Je ne pouvais pas rester loin d’Irène trop longtemps. Cette année, Sirius allait pour la première fois à Poudlard. J’espérais vraiment le voir à Serdaigle. Enfin, nous verrons bien, dans quelques heures son destin sera scellé. Une unique larme roula sur son visage d’albâtre. Elle pleurait et riait en même temps. Elle se hissa sur la pointe des pieds, pour me chuchoter à l’oreille. « Ne t’en fais pas pour moi, je ne serai pas toute seule. » Je fronce les sourcils à cette remarque. Qui pouvait-elle bien voir? Babeth, son amie? Sa mère? Elle crut bon d’ajouter quelques précisions. « Ton fils ou ta fille va veiller sur sa mère. » Je la regarde, interdit. Mon fils ou ma fille? Vraiment? Sirius était notre unique enfant, et pourtant, nous avions essayé d’en avoir d’autres pendant ces dix dernières années, sans succès. « Tu es enceinte? » je demande, incrédule. Elle hoche la tête, d’un air ravi. Je la pris dans mes bras, pour la serrer fort. On valsa un moment dans la cuisine, jusqu’à ce qu’elle crie grâce. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas entendu son rire, pourtant si agréable à l’oreille. « Allez les garçons, on y va. Sinon, vous allez être en retard. » dit-elle en prenant ses clés de voiture. Ce jour là, c’était Irène qui allait nous conduire à la gare. Elle allait bien entendu nous suivre sur le quai. Elle ne verrait peut-être pas Poudlard, mais le Poudlard Express lui suffirait amplement, disait-elle. « Fiston, tu es prêt? » je crie, en direction des escaliers. « J’arrive, Papa! » s’écria Sirius, en les dévalant. Je regarde mon fils très sérieusement. « Tant que nous serons à Poudlard, en public, ce sera Monsieur Bowen-Lloyd. Je serai ton professeur avant d’être ton père. Il serait fâcheux que l’on m’accuse de faire du favoritisme, tu comprends? » Il hoche la tête d’un air entendu. Le pauvre. Il avait déjà servi de cobaye pour mes cours, et donc connaissait le programme avant tout le monde, même celui des septième année. J’avais mis quelques mois pour tout préparer, mais c’était bouclé. Et pendant ces quelques mois, je m’étais replongé dans les manuels presque avec plaisir, retrouvant durant ces instants l’adolescent que j’avais été.

TO BE CONTINUED.
On s'enlaidit d'amertume,
De regrets qui nous consument,
On tapine sur le bitume,
On accepte sans rancune,
Nous sommes du miroir le reflet,
De ton désir de ta soif d'exister.
TRUST. LA MORT RODE.
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▌Clan : Le pouvoir mène au succès.
▌Âge : 35 ans
▌Ancienne maison : Serdaigle
▌Sang : Impur
▌Emploi : professeur d'Histoire de la Magie
▌Responsabilité : fut préfet pendant sa scolarité à Poudlard
▌Poste au Quidditch : A joué en tant qu'attrapeur dans l'équipe des Serdaigle, puis des Frelons de Wimbourne.

▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Sam 27 Aoû - 7:31

Désolée pour avoir aligné autant de posts en suivant, mais je crois bien que j'ai terminé, quelque 29 pages word plus tard, ma plus longue fiche à ce jour. Mais plus JAMAIS, parce que je ne peux plus la voir en peinture. Les filles, j'espère que vous ne m'en voudrez pas pour vous avoir fait subir un supplice pareil, je vous aime, by the way hug
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    hope; let me play with words and your mind »



▌Citation :


    «L'un des pièges de l'enfance est qu'il n'est pas nécessaire de comprendre quelque chose pour le sentir. Et quand la raison devient capable de saisir ce qui se passe autour d'elle, les blessures du coeur sont déjà trop profondes.»

▌Clan : Vive le Ministère, ils vont peut-être nous produire un miracle.
▌Âge : 18 ans
▌Année : Huitième année
▌Maison : Serdaigle
▌Sang : Pur
▌Humeur : incertaine
▌Responsabilité : Préfète-en-chef des Aigles; redresseuse de tords; accessoirement gueularde.
▌Poste au Quidditch : Batteuse.

▌Crédit(s) : (c) zaw & Opium (gif)

AND MORE...
▌Relations:

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Sam 27 Aoû - 13:18

C'est tout ? Je suis bien déçue. Anyway, je lis ceci ce soir ; en guise de livre de chevet *out*

edit 16.30
Bon, j'ai tout lu. Et, comme d'habitude, j'ai beaucoup aimé. Tu écris toujours aussi bien. Et j'ai l'impression que l'expression " bon gré, mal gré " est ta marque de fabrique. J'ai juste, heu, deux remarques.
1. J'aime beaucoup le faire que Rigel meurt en se cognant la tête sur un pierre en tombant dans l'eau, si si. ( ou peut être que je n'ai pas tout compris ).
2. Tu as écris à un moment que Mira était ... heu ... doctorante ès médicomagie. Mais j'pense que c'était juste pour la forme, non ?
3. Et puis trois, finalement. J'comprends pas les circonstances de la mort de Laura. C'est vraiment une mission qui a mal tournée ? Ou c'était vraiment la mission d'Orion, de la descendre ?
C'est tout ma belle. Le reste est juste ... Woo. Et dans tous les cas, le monsieur est validé. Et tu fais gagner, heu ... 13 points aux serdaigles.

_____________________________________

      « Dès les premières lueurs
      Oh je sombre. »

      « Il me parait bien loin l'été
      Je n'l'ai pas oublié
      Mais j'ai perdu la raison
      Et le temps peut bien s'arrêter
      Peut bien me confisquer
      Toute notion de saison. »
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▌Crédit(s) : (c) Maybe tomorrow.

MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    Sam 27 Aoû - 19:10

Tu as du courage pour t'être tapée ce truc que j'ose appeler fiche xD Concernant la mort de Rigel, tu as tout compris. Il s'est cogné la tête sur la balustrade du pont alors qu'il se battait avec Orion, ivre mort. Comme il était à moitié assommé, et comme il ne savait pas nager, il s'est noyé.
Concernant Mira et "doctorat es médicomagie", c'était plutôt de l'ironie. Parce que Mira est une Moldue. Et ne pourra donc jamais être médicomage, de par le fait. Et enfin, pour Laura. C'est un peu des deux, en fait. La mission était de descendre Laura. Mais ça a mal tourné. Il s'est pris un sort très puissant, un sort perdu, en fait. Mais contente que ça t'ait plu love
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MessageSujet: Re: Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.    

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Orion •• promesses osées, trop souvent tuent l'espoir.

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